10 mères haïtiennes portent plainte contre des soldats de la MINUSTAH

Les soldats de la MINUSTAH ont quitté le pays depuis seulement deux mois mais sont rattrapés par leur passé. « Après avoir été mises enceintes puis abandonnées par des casques bleus des Nations Unis, dix (10) femmes haïtiennes ont introduit une action en pension alimentaire et à la garde de l’enfant contre des casques bleus par devant le Doyen ou le Juge des REFERES des Tribunaux de Première Instance de Port-au-Prince et de Jacmel », annonce hier lundi 11 décembre un communiqué du Bureau des Avocats Internationaux (BAI).

Ces femmes ont une attente forte : « obtenir une décision de justice, conformément à la loi internationale et haïtienne, notamment, le décret du 14 septembre 1983 instituant et réglementant la procédure de recouvrement des créances d’aliments, et celle relative à la garde des enfants. » Selon Maître Mario Joseph du Bureau des Avocats Internationaux (BAI), avocat des mères des enfants abandonnés des casques bleus, « Ces mères et leurs enfants font face à toutes sortes de difficultés économiques et discriminatoires. Six de ces mères ont perdu leur logement lors du passage de cyclone Matthew en Octobre 2016 ».

Le communiqué met en avant une résolution de l’ONU sur l’Assistance aux Victimes d’abus et exploitation sexuelle (SEA) qui est censée garantir à ces mères « une assistance et un soutien de base en fonction de leurs besoins individuels en termes de soins médicaux, services juridiques, soutien psychologique. Pourtant, maître Joseph révèle que « la seule assistance reçue par certaines requérantes était un ‘’job part time’’ et un support pour des tests ADN dont les résultats ne sont jamais remis aux mères. »

Le 03 août 2016, Sandra Honoré, à l’époque représentante spéciale du secrétaire général des Nations-Unies en Haïti et chef de la MINUSTAH a été sommée via le ministère des Affaires étrangères, ministère de l’huissier Yvon Zetrenne du tribunal de première instance de Port-au-Prince, mais  la MINUSTAH n’a jamais répondu à la sommation notifiée, déplore maitre JOSEPH.

C’est dans le cadre du suivi de cette affaire qu’une nouvelle assignation en justice a été signifiée à Antonio Rodrigue, ministre des Affaires étrangères et des cultes, Susan Page, représentante du secrétaire général des Nations Unies et chef de la Mission des Nations-Unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH), les soldats de la MINUSTAH qui ont abandonnés leurs enfants en Haïti.

Par cette action les requérantes demandent en autres à l’ONU de « déclarer si les actions des soldats ainsi connus d’entrer en relation sexuelle avec les requérantes, les mettre en pleine ceinture, et de ne pas supporter les mères des enfants issus de ces relations font partir des fonctions officielles des soldats de la MINUSTAH, pour vérifier si l’immunité fonctionnelle de l’Accord de Siège (SOFA) est applicable dans ces cas; délivrer les résultats des tests d‘ADN à toutes fins utiles que de droit. »

L’avocat Mario Joseph espère que les revendications de Pension Alimentaire et Garde de l’Enfant seront « un défi pour l’ONU de se conformer à ses propres principes et ses promesses d’adresser en de meilleurs termes l’exploitation et les abus sexuels commis par des casques bleus en Haïti et dans le monde entier ».

source: loophaiti

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