Un colloque sur le développement urbain pour la ville de Port-au-Prince

Plusieurs étudiants d’universités, chercheurs, scientifiques locaux et internationaux livrent, à travers ce colloque qui se poursuit jusqu’au 27 avril, des réflexions sur la problématique urbaine posée pour la ville de Port-au-Prince.

« Quel développement urbain pour la vile post-crise » est le thème d’un colloque lancé ce mardi 25 avril à l’hôtel Montana par le comité d’organisation scientifique du colloque devant restituer les résultats des travaux de recherche réalisés par des étudiants de quatre universités partenaires  et six centres de recherches dans le cadre du « Programme de Recherche dans le Champ Urbain ». Il s’agit de l’Université Paris 8, de l’Université d’État d’Haïti, de l’Ecole Fédérale Polytechnique de Lausanne (avec le Centre de Coopération et Développement, ainsi que la Communauté d’Étude pour l’Aménagement du Territoire), de l’Université Quisqueya (avec le Centre de Recherches et d’Appuis aux politiques urbaines et le Laboratoire de Qualité de l’Eau et de l’Environnement).

« La tenue de ce colloque,  financé par l’Union Européenne, sept ans après le séisme qui a dévasté le territoire de Port-au-Prince et celui de plusieurs villes du département de l’Ouest, témoigne de tout l’intérêt de la communauté scientifique à la fois nationale et internationale pour les questions urbaines. Cette manifestation scientifique interpelle l’État haïtien  sur la nécessité d’accorder, dans ses politiques publiques, une attention de plus en plus importante à ce champ », soutient le président de la République Jovenel Moïse, conscient que le problème urbain et du « post-crise » est intimement lié à des éléments qui constituent le socle des sociétés et de leurs territoires : santé, eau, électricité, éducation, urbanisme aménagement, transports et autres activités économiques.

-Reconstruction : « maître-mot »-

Dans un pays comme Haïti, laminée de tout temps par des clivages sociaux, secouée par des émeutes et de violentes luttes populaires, touchée par des catastrophes naturelles de fortes ampleurs (séisme, inondations, ouragans dont Matthew, la plus récente), causant des dégâts matériels importants et entraînant la mort de milliers d’individus et des déplacements massifs, comment reconstruire une pareille ville qui patauge depuis des décennies dans la crise ? Quelles leçons tirer des autres villes du Sud comme Bangui, Tchad, Bouaké, Bamako qui arrivent, après des périodes de troubles, de bouleversement politique et de crise,  arrivent à dégager de nouvelles perspectives visant à réorganiser, restructurer et  repenser l’espace urbain.

Qui dit « post-crise », dit reconstruction, « maître-mot » dans le réaménagement des villes, lâche Bezunesh Tamru, coordinatrice du PRCU. Selon la chercheuse, cette reconstruction nécessite la multiplication des acteurs locaux et internationaux, des organisations multilatérales et des pouvoirs publics souvent fragilisés par la crise. Ce qui amène à on seulement interroger des dynamiques urbaines, mais aussi à apporter des réponses urbanistiques pertinentes : réhabilitations des quartiers précaires, développement ou renouvellement urbain, récupérations foncières pour de nouveaux usages légaux et parfois onéreux ».

En somme, ce colloque veut élargir les interrogations de la reconstruction post-crise à celles du développement urbain, tout en questionnant de façon transversale les politiques publiques les problématiques foncières ou environnementales.

Les intervenants haïtiens et issus d’Europe, d’Afrique et d’autres coins du globe proposent aux acteurs, qu’ils soient privés ou publics, locaux ou internationaux, des clés pour repenser le tissus urbain composé de quartiers précaires ou de bidonvilles.

Vous aimerez sûrement aussi Plus de cet auteur