A Caracas, le Cubain Diaz-Canel serre les rangs face à l’impérialisme

Le nouveau président cubain Miguel Diaz-Canel s’est posé mercredi en grand défenseur du Venezuela pour son premier déplacement à l’étranger, chez son allié Nicolas Maduro, visé par des sanctions internationales après sa réélection contestée.

Miguel Diaz-Canel, qui a succédé le 19 avril aux frères Fidel et Raul Castro, maîtres sur l’île caribéenne l’un après l’autre pendant presque 60 ans, a été reçu en grande pompe devant l’Assemblée constituante, uniquement composée des partisans de M. Maduro.

Il a appelé à la « solidarité des peuples d’Amérique » avec le Venezuela face à la « guerre politique, diplomatique, économique et financière (…) de l’impérialisme ».

« Nous connaissons parfaitement cette hypocrisie qui consiste à accuser (…) les gouvernements populaires des maux engendrés par les politiques, les sanctions et les actions impérialistes de soumission, harcèlement, isolement et embargo », a poursuivi ce civil de 58 ans en référence à la situation de son pays.

Cuba est soumis à un embargo américain depuis 1962.

La communauté internationale presque au complet a condamné la réélection du socialiste Nicolas Maduro jusqu’en 2025 à la présidence de ce pays pétrolier, autrefois le plus riche d’Amérique latine et désormais plongé dans une crise économique historique.

Les Etats-Unis ont également infligé de nouvelles sanctions financières au Venezuela, après ce que le vice-président américain Mike Pence à qualifié de « farce ».

L’Union européenne a décidé d’imposer de nouvelles sanctions contre les dirigeants vénézuéliens.

« Je suis très content d’être au Venezuela. Vive la révolution bolivarienne et vive le président Maduro! », a déclaré le chef d’Etat cubain à sa descente d’avion.

« Toutes mes félicitations pour le succès massif » à la présidentielle, a-t-il ajouté.

Le Venezuela se débat entre une hyperinflation (attendue à 13.800% cette année par le FMI) et de graves pénuries d’aliments et de médicaments.

Malgré ce paysage de désolation et la forte impopularité qui en découle, Nicolas Maduro a été réélu le 20 mai, avec 68% des voix contre 21,2% pour son principal adversaire, Henri Falcon.

Le scrutin, boycotté par l’opposition qui y voyait une « supercherie », a immédiatement été dénoncé notamment par le groupe de Lima, alliance de 14 pays du continent américain, qui ont retiré leurs ambassadeurs à Caracas.

« Peut-être que ce son émanant de la majorité a déplu aux Etats-Unis et à cette droite incapable de reconnaître la légitimité », a ajouté devant l’Assemblée constituante le leader cubain qui devait être ensuite reçu par Nicolas Maduro.

Avant son discours, le président cubain a déposé une gerbe au Panthéon vénézuélien sur la tombe du leader de l’indépendance Simon Bolivar (1783-1830).

Une visite de la tombe d’Hugo Chavez, président de 1999 à son décès en 2013, était également prévue.

Lors de son investiture mi-avril à Cuba, Miguel Diaz-Canel s’est engagé à « poursuivre la révolution cubaine dans un moment historique crucial », mais aussi à « perfectionner le socialisme », alors que Raul Castro restera secrétaire général du puissant Parti communiste cubain (PCC) jusqu’en 2021.

Maduro avait rendu visite au président cubain à La Havane, dès le lendemain de son investiture.

Cuba et le Venezuela se sont rapprochés sous le gouvernement d’Hugo Chavez, qui cultivait une relation étroite avec Fidel Castro. Caracas fournit du pétrole à l’île communiste, tandis que Cuba envoie des médecins au Venezuela.

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