Allemagne: les Turcs en colère après des insultes de l’extrême droite

La communauté turque d’Allemagne a annoncé jeudi vouloir porter plainte pour « incitation à la haine » après des insultes d’un élu d’extrême droite qui a qualifié ses membres entre autres de « marchands de cumin ».

« On ne peut pas ignorer de telles insultes et les supporter en silence », a déclaré à l’agence de presse allemande DPA Gökay Sofuoglu, président de la Communauté turque d’Allemagne (TGB).

Une plainte similaire va également être déposée par la Fédération turque de Berlin et du Brandebourg, la région qui entoure la capitale allemande.

Elles visent le responsable du parti d’extrême droite allemand AfD (Alternative pour l’Allemagne) en Saxe-Anhalt, dans l’est du pays. Cet homme, André Poggenburg a déclaré lors d’une réunion politique mercredi à propos des Turcs que « ces marchands de cumin ont eux-mêmes un génocide de 1,5 millions de personnes au cul », référence au génocide des Arméniens (1915-1916), nié par Ankara.

« Et ils veulent nous apprendre quelque chose sur l’histoire et la patrie? Ils déconnent complètement! Ces chameliers devraient retourner d’où ils viennent! », a-t-il notamment ajouté.

M. Poggenburg réagissait aux critiques de membres de la communauté turque d’Allemagne, forte d’environ 3 millions de personnes, contre la création d’un ministère de l’Intérieur et de la Patrie, prévue dans le contrat de coalition entre la chancelière conservatrice Angela Merkel et les sociaux-démocrates.

« Nous redoutons (que la création de ce ministère) n’apporte ni cohésion, ni appartenance, mais de l’exclusion et de la division », avait notamment déclaré Atila Karabörklü, l’un des dirigeants de TGB.

L’appellation ministère « de la Patrie », nouvelle en Allemagne pour ce portefeuille, est considérée comme un geste à l’égard de l’électorat le plus conservateur, inquiet de l’arrivée de plus d’un million de migrants dans le pays depuis 2015 et des répercussions possibles sur les traditions nationales.

L’AfD, qui surfe sur les craintes dans l’opinion liées au réfugiés, a fait une entrée fracassante lors des législatives de septembre à la chambre des députés où elle compte près d’une centaine d’élus.

Ses membres sont coutumiers des dérapages racistes, qui entrent dans le cadre d’une stratégie visant à faire reculer les limites de qui peut être dit dans ce domaine en Allemagne, pays longtemps hanté par le souvenir du nazisme.

Des élus d’extrême droite ont ainsi créé la polémique récemment en traitant le fils métis de l’ancien champion de tennis Boris Becker de « demi-nègre » ou Angela Merkel de « putain ».

Source:AFP

Vous aimerez sûrement aussi Plus de cet auteur