Arabiya Jésula Chérubin, virtuose de la peinture et de la décoration sur résine.

Benjamine d’une famille de 7 enfants, Arabiya Jésula Chérubin commence ses études classiques à Port-au-Prince pour ensuite les poursuivre dans la ville des Cayes. À l’âge de 16 ans, alors qu’elle n’est qu’une adolescente, des raisons personnelles la poussent à rejoindre sa mère en République dominicaine. Très éveillée, elle fait sa classe terminale là-bas. Elle commence par la suite des études en agronomie qu’elle abandonne un an plus tard, car elle ne se sentait pas dans son élément. Prônant le progrès, elle s‘inscrit à la Escuela Bona Concepción pour y apprendre la peinture et la décoration sur résine. Depuis, elle a pris son baptême de feu dans le monde artisanal.

La jeune femme de 19 ans est apte à décorer et à peindre et sur pas mal de matériaux depuis sa sortie de l’école. Des pots en résine, des sculptures en céramique ou en bois, la native de Port-au-Prince est susceptible de les illuminer avec sa touche magique.

Arabiya confectionne ses articles en République dominicaine, mais ce marché ne lui permet pas de les vendre avec aisance. « La réalisation de mes œuvres me procure certes de la joie de vivre, mais ce n’est pas du tout une partie de plaisir de les écouler », dit-t-elle avec le visage crispé. « Les gens se plaignent de manière récurrente que mes œuvres sont chères, aussi est-ce un vrai casse-tête de les vendre. Mais en réalité, mes articles ne sont pas chers, c’est la production qui l’est », explique la jeune femme. Les matériaux sur lesquels elle peint se vendent particulièrement chers, elle doit donc compenser leur coût dans le prix de vente. « Certaines fois, j’ai envie de peindre sur des articles que je trouve d’une grande beauté, mais je n’ose pas les acheter car mes moyens sont limités », ajoute-t-elle.

Bien que novice, la fondatrice de Biyazaka, (son atelier en République dominicaine) se dit à la recherche de challenge, d’où sa participation aux prochaines festivités. Cependant, l’idée de participer à Artisanat en fête n’est pas franchement la sienne. « C’est surtout l’initiative de certaines personnes de ma communauté et de mon paternel. Je ne connais rien à Artisanat en fête, j’y vais car on me l’a conseillé. On m’a fait comprendre que ce sera une activité festive pouvant m’offrir l’opportunité d’exposer mon savoir-faire », indique la jeune artisane, qui espère que l’expérience sera fructueuse. En outre, elle a dû faire montre de pas mal d’astuces pour rentrer au pays avec ses articles, qui sont d’une grande fragilité.

Ambitieuse, la jeune artisane souhaite revenir au pays pour installer son « shop » afin d’écouler ses œuvres dans un futur proche. Elle souhaite se diversifier afin d’augmenter ses chances sur le marché haïtien. Arabiya voudrait ne plus se procurer les articles dont elle a besoin chez d’autres collègues artisans, alors qu’elle a le potentiel pour les réaliser elle-même. « Je projette d’apprendre la poterie au Centre d’art dans les mois à venir », dit-elle avec fermeté.

La jeune femme encourage les visiteurs à venir supporter ses œuvres. « Biyazaka vous attend, venez nous supporter, venez acheter nos produits », scande-t-elle avec dévotion.

Toute excitée, Arabiya Jésula promet de mettre le paquet à Artisanat en fête, donc venez voir. Mais surtout, venez l’encourager !

Source: le nouvelliste

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