Cancer lié au papillomavirus : une hausse liée au sexe oral ?

Les dernières actualités de la recherche contre le cancer sont présentées pour Sciences et Avenir et en exclusivité par le Pr David Khayat, chef de service de cancérologie à la Pitié-Salpêtrière.
Selon les CDC (Centers for Disease Control and Prevention), l’évolution des pratiques sexuelles serait responsable de la diffusion du papillomavirus humain et donc de l’augmentation du nombre de cancers liés au papillomavirus humain. Il s’agit plus particulièrement de la pratique du sexe oral non protégé. Aux États-Unis, le nombre de diagnostics de cancers de l’oropharynx liés au papillomavirus humain resterait relativement faible : environ 12.638 hommes et 3.100 femmes par an selon le dernier recensement du CDC. En revanche, le nombre de cas diagnostiqués serait en constante augmentation et pourrait même dépasser celui du cancer du col de l’utérus d’ici 2020. Selon une étude de 2015 publiée dans le Journal of Clinical Oncology, 20,9% des tumeurs oropharyngées diagnostiquées avant 1990 étaient des cancers liés aux papillomavirus humains, contre 65,4% pour celles diagnostiquées après 2000.  

Parmi les différents types de papillomavirus oraux identifiés, le HPV-16 serait présent dans plus de la moitié des cas, selon le National Cancer Institute.

Le CDC estime que quasiment tous les hommes et femmes sexuellement actifs contracteront ce virus à un moment donné. Bien que le système immunitaire évacue ce virus dans la plupart des cas, il se développe aussi parfois dans l’organisme, causant aux Etats-Unis 30 700 cancers par an (de type oropharyngés, cervicaux, vaginaux et du pénis). C’est pourquoi les agences de santé insistent fortement sur la vaccination contre le papillomavirus humain, qui pourrait prévenir la plupart de ces cancers.

Les précédentes chroniques du Pr Khayat :

– Hausse des cancers liés à une infection au papillomavirus

– Vaccin contre le HPV : deux doses valent-elles aussi bien que trois ?

– Le vaccin contre le papillomavirus freinerait la hausse du cancer de l’anus

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