Comment Aya Nakamura est devenue incontournable (bah ouais)

Avec son dernier album Nakamura, la jeune chanteuse de 23 ans vend presque autant que Johnny Hallyday. Elle est « dans son comportement, bah ouais ». Si vous ne comprenez pas ce que signifie cette phrase, c’est probablement que vous n’avez jamais écouté le titre Comportement sorti à l’été 2017 et écouté sur YouTube près de 60 millions de fois.

 

Ce titre, qui parle de « belles fesses » et d’affaire « calée, calée » fait partie du premier album d’Aya Nakamura, Journal Intime, sorti l’an dernier et certifié disque d’or. Depuis le 2 novembre dernier, la chanteuse de 23 ans en a sorti un deuxième, sobrement baptisé Nakamura. Ce nouvel opus contient déjà deux tubes : Copines, vu 77 millions de fois sur YouTube et Djadja, qui totalise plus de 225 millions de visionnages sur la plateforme de streaming vidéo.  

D’Aulnay aux sommets des charts

Pour ne rien gâcher, dans le top des ventes de la semaine dernière, Nakamura est troisième, derrière deux mastodontes de la chanson française : Patrick Bruel, avec Ce soir on sort, et bien sûr Johnny Hallyday, dont l’album posthume Mon pays c’est l’amour, a déjà vendu plus d’un million de copies.
Derrière ce succès fou, et ce nom imprononçable pour certains animateurs (en témoigne la difficulté éprouvée par Nikos Aliagas, samedi soir, lors des NRJ Music Awards), une jeune femme de 23 ans, qui a grandi dans la Cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Issue d’une famille de griots

Aya Nakamura, de son vrai nom Aya Danioko, se destine à la musique depuis l’enfance : issue d’une famille malienne – elle est d’ailleurs née à Bamako avant d’arriver très jeune en France – la jeune femme est élevée par une maman venue de la communauté griotte. « Ma mère est chanteuse depuis que je suis petite, depuis toujours en fait, confie Aya Nakamura en 2016 à l’occasion d’une interview par une web TV. Chez les griots, il y a les riches, les pauvres, et nous, on est une famille de chanteurs comme il peut y avoir des familles de conteurs. J’ai toujours chanté et écrit des chansons sans arrière-pensée. »

Aînée d’une fratrie de cinq enfants, la jeune femme fait d’abord des études de mode à la Courneuve avant d’abandonner. Elle commence alors à publier des vidéos de ses sons sur Facebook et Instagram. « Je chantais dans ma chambre en pyjama, je saoulais ma soeur et j’ai commencé à écrire des morceaux », raconte-t-elle au Parisien. Fan de la série Heroes, dans laquelle l’un des personnages principaux s’appelle Hiro Nakamura, Aya devient Nakamura vers l’âge de 15 ans. « Tout le monde a commencé à m’appeler comme ça et c’est resté », se souvient-elle sur Siham TV . En 2012, l’artiste sort son premier titre Karma, qu’elle admet avoir écrit « à la va vite ».

Le succès avec Fababy

Et puis elle enchaîne. La jeune femme, déjà maman d’une petite fille de deux ans, est du genre productive : en 2015, elle sort Brisé, puis collabore avec le rappeur Fababy pour le titre Love d’un voyou, et commence à se faire un nom sur la scène musicale française. Quand il s’agit de sortir son premier album, Aya Nakamura n’hésite pas à changer de maison de disques, signant avec la Warner, quitte à laisser pas mal de chansons derrière elle. « J’ai tout recommencé, confie-t-elle toujours Siham TV. J’ai tout refait. Je ne me prends pas la tête. »  Aya Nakamura a bien raison d’être détendue : à la sortie de son premier album, Le Monde, qui la juge d’ailleurs du genre culottée, lui consacre un article. Elle est « une des chanteuses d’origine africaine qui montent », selon le quotidien. Et c’est vrai qu’Aya Nakamura monte vite.

Déjà connue à l’international

De chanteuse de quartier, elle fait aujourd’hui partie des voix qui comptent dans le r’n’b français. Sans doute que son discours, qui ne fait aucun compromis, n’est pas étranger à cette ascension fulgurante. Peut-être aussi que ses expressions peu communes font toute la différence. « Tu veux te bombarder, bom-bom, bombarder, hey », dit-elle dans Copines. « J’suis pas ta catin Djadja, genre en Catchana baby tu dead ça », explique-t-elle dans Djadja. « Je parle comme cela tous les jours avec mes copines et je ne vais pas me mettre des barrières car c’est ma personnalité. Ce n’est pas à moi à m’adapter », tranche-t-elle auprès du Parisien.

Peu importe s’il faut être quelque peu averti pour comprendre ce que tout cela peut bien signifier : Aya Nakamura séduit en France, mais aussi en Europe. En août dernier, avec Djadja, la chanteuse est la première Française à se placer au sommet des charts néerlandais depuis Edith Piaf et sa chanson mémorable Non, je ne regrette rien, sortie en 1961.

Nommée au niveau européen

« Il y a aussi la Roumanie, le Portugal… Je ne sais pas pourquoi ils m’aiment autant, ils ne comprennent pas les paroles mais je pense que cela vient de la sonorité de mon argot », pense savoir Aya Nakamura, qui dispose, chose rare pour un jeune artiste français, d’une page Wikipédia en anglais, allemand, roumain, néerlandais, italien et espagnol.
La chanteuse, qui débute une tournée dès le 25 octobre prochain, et jouera à l’Olympia le 31 mars 2019 (la date est déjà complète), est d’ailleurs nommée aux Music Moves Europe Talent Awards, organisés le 19 janvier 2019, à Groningue, aux Pays-Bas. Ce nouveau prix de musique cherche à récompenser « les artistes émergents qui représentent la musique européenne d’aujourd’hui et de demain. » Il y a de fortes chances pour qu’Aya Nakamura y soit plutôt bien accueillie, voire carrément célébrée.

 

Source : lexpress.fr

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