Comparé au dollar américain, le salaire minimum n’a pas réellement augmenté

De 350 à 420 gourdes, le salaire minimum a augmenté de seulement 70 gourdes dans le secteur de la sous-traitance, une augmentation d’un dollar américain qui, logiquement, est insignifiante en comparaison au dollar américain, l’argent de référence de toutes les transactions en Haïti.

En juillet 2017, lorsque le président Jovenel Moïse avait décidé de fixer le salaire minimum à 350 gourdes, on avait besoin d’environ 62 gourdes pour un dollar. Le salaire des ouvriers de la sous-traitance était donc à environ 5.60 dollars américains pour une journée de 8 heures de travail. L’arrêté présidentiel vient de fixer le salaire minimum à 420 gourdes dans ce secteur. Les dirigeants ainsi que les patrons estiment qu’ils ne pouvaient pas faire mieux qu’une augmentation de 70 gourdes. Pourtant, une simple comparaison de ce nouveau salaire au dollar américain permettra de voir que les ouvriers vont gagner encore la même chose. Le taux de change est à 72 gourdes pour un dollar américain. Et les 420 gourdes sont l’équivalent de 5.80 dollars américains.

On pourrait répéter ce même exercice pour tous les secteurs concernés par la fixation du salaire minimum pour une journée de travail, on trouvera le même résultat. On verra que contrairement aux autorités et patrons qui parlent d’une augmentation de salaire, ce dernier n’a pas augmenté d’un iota, en comparaison non seulement au taux de change, mais aussi par rapport au coût de la vie. Les ouvriers, par rapport aux questionnements de la vie, avaient pourtant exigé 1 000 gourdes comme salaire minimum, afin de répondre aux exigences quotidiennes. Mais les autorités ont jugé bon de ne pas répondre à cette requête même à 50 %.

La nouvelle grille du salaire minimum est déjà entrée en vigueur. Les ouvriers sont sur le béton en vue d’essayer de faire échec à cette décision controversée. La majeure partie de la population pense que c’est une décision insoutenable qu’on doit dénoncer. Les ouvriers estiment qu’ils sont très mal traités au sein de ces entreprises. Ils expliquent que le travail effectué par les ouvriers au sein de ces usines nécessite des dépenses d’énergie énormes. C’est la raison pour laquelle ils réclament un salaire de 1 000 par jour. Insuffisant par rapport à la quantité de travail effectué et la quantité d’énergie dépensée, mais suffisant peut-être pour répondre à quelques exigences journalières.

À présent, ces ouvriers ne jurent que par un vrai ajustement du salaire. Ils sont dans les rues. Ils menacent de manifester tous les jours jusqu’à ce que le Gouvernement haïtien et les patrons décident d’accorder aux ouvriers un meilleur traitement. Les patrons font pression au gouvernement, soulignent-ils. Et le gouvernement ne cesse de prouver son incompétence à travers ses décisions. Les ouvriers pensent qu’il est temps d’opérer une vraie révolution sociale dans le pays au bénéfice des couches les plus vulnérables de la population.

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