Cris, larmes de joie: dépénalisation historique de l’homosexualité en Inde

La communauté LGBT en Inde célébrait jeudi dans la liesse et l’émotion la dépénalisation de l’homosexualité par la Cour suprême dans la deuxième nation la plus peuplée au monde, cap historique pour l’égalité des droits.

Au Lalit Hotel à New Delhi, établissement de luxe propriété d’un activiste gay connu, les employés ont fêté la nouvelle dans le hall en réalisant une chorégraphie sur la chanson « Scream & Shout » de will.i.am, a constaté une journaliste de l’AFP.

« Toute discrimination fondée sur la sexualité équivaut à une violation des droits fondamentaux », a-t-il ajouté.

« Je suis sans voix ! Ça a pris longtemps pour advenir mais je peux enfin dire que je suis libre et que j’ai des droits égaux aux autres », s’est enthousiasmé Rama Vij, un étudiant de Calcutta rassemblé avec des amis pour suivre la lecture du jugement à la télévision.

Le panel de la Cour suprême avait entendu en juillet les arguments de plaignants homosexuels, parmi lesquels plusieurs célébrités, qui soutenaient que cet article était contraire à la Constitution indienne.

Si une scène homosexuelle discrète mais vibrante existe dans les grandes villes d’Inde, comme Delhi ou Bombay, les rapports sexuels entre hommes ou entre femmes restent toujours très mal vus dans la société indienne. De nombreux Indiens, notamment dans les zones rurales où réside 70% de la population, considèrent encore l’homosexualité comme une maladie mentale.

« En abrogeant la pénalisation des relations entre personnes de même sexe au titre de l’article 377, la Cour suprême d’Inde a effectué un pas monumental qui résonnera à travers le monde », a estimé sur Twitter Meenakshi Ganguly, directrice Asie du Sud de Human Rights Watch.

Deux juges de l’institution estiment à cette occasion qu’il est du ressort du législateur, et non de la justice, de faire évoluer la loi sur ce sujet.

La dépénalisation ordonnée jeudi par cette même Cour suprême était largement escomptée par les observateurs. Sa jurisprudence ces dernières années penchait en effet en sa faveur, avec notamment la reconnaissance d’un troisième genre pour les transgenres et la sanctuarisation du droit à la vie privée.

« C’est une longue bataille pour arriver à l’égalité des droits mais je suis sûr que nous y arriverons à la fin », avait-il déclaré.

 

Source: AFP

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