De New York à un village mexicain, parcours inversé pour des enfants de clandestins

Les tours de Manhattan leur sont plus familières que les modestes maisons en briques, à flanc de colline, de ce village isolé du centre du Mexique d’où ils sont pourtant originaires.

« La petite de 4 ans ne me parle qu’en anglais et moi je ne comprends rien à cette langue » s’amuse Maria, 57 ans, après avoir accueilli ses quatre nièces.

Mais leurs parents n’ont pas pu les accompagner, ne voulant s’exposer à une arrestation à la frontière et une probable expulsion.

A leur descente du mini-bus, les enfants rejoignent leurs proches qui les attendent avec des fleurs ou un cadeau à la main, et leurs lancent des cotillons.

La communication n’est pas toujours aisée, certains aînés ne parlant que le nahuatl, la langue pré-hispanique, et certains enfants s’exprimant difficilement espagnol.

– Ici Américaine, là-bas Mexicaine –

« Environ 40% des jeunes émigrent car il n’y a pas de travail ici » explique le maire Esteban Ramirez Rosales, qui estime qu’environ 2.000 personnes sont parties au fil des années, principalement vers New-York.

« C’est un événement symbolique de regroupement familial dans la communauté d’origine, et non aux Etats-Unis » explique à l’AFP Francisco Romero, un des organisateurs de l’événement.

A travers cette première rencontre, les organisateurs veulent « renforcer le tissu social binational » et promouvoir l’entente mutuelle « entre les communautés mexicaines et américaines ».

« Parfois les enfants ne nous croient pas quand nous leur disons d’où nous venons, explique par téléphone à l’AFP la mère de trois filles venues depuis New York, qui préfère garder l’anonymat. Elles ne mesurent pas la valeur de ce qu’elles ont ».

« C’est calme ici. Il n’y a pas de bruit des voitures. J’aimerais que mes parents nous accompagnent la prochaine fois » regrette Vanessa, 14 ans, assise près de ses soeurs sous la photo de mariage de leurs parents, fixée au mur du salon, près d’un petit autel religieux.

« Là-bas, je me sens mexicaine, et ici je me sens américaine » confie l’adolescente, fan de Beyonce.

Avec les autres enfants du voyage, ils se sont entraînés pour présenter durant leur séjour aux habitants de Teopantlan leur « danza de las moras ».

« Cette danse, c’est un lien entre nous malgré la distance » souligne Mauro.

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