Denis Mukwege et Nadia Murad prix Nobel de la paix

Le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi au médecin congolais Denis Mukwege et à la Yazidie Nadia Murad, ex-esclave du groupe Etat islamique, qui œuvrent à « mettre fin à l’emploi des violences sexuelles en tant qu’arme de guerre ».

L’un gynécologue, l’autre victime, Denis Mukwege (63 ans) et Nadia Murad (25 ans) incarnent une cause planétaire qui dépasse le cadre des seuls conflits, comme en témoigne le raz-de-marée planétaire #MeToo déclenché il y a un an par des révélations de la presse sur le comportement du producteur américain Harvey Weinstein.

« Denis Mukwege et Nadia Murad ont tous les deux risqué personnellement leur vie en luttant courageusement contre les crimes de guerre et en demandant justice pour les victimes », a déclaré la présidente du comité Nobel, Berit Reiss-Andersen.

« Un monde plus pacifique ne peut advenir que si les femmes, leur sécurité et droits fondamentaux sont reconnus et préservés en temps de guerre », a-t-elle ajouté.

Les Nations unies ont salué une annonce « fantastique » qui « aidera à faire avancer le combat contre les violences sexuelles comme arme de guerre dans les conflits ».

« C’est une cause chère aux Nations unies », a précisé la porte-parole de l’ONU à Genève, Alessandra Vellucci.

Denis Mukwege a dédié vendredi sa récompense « aux femmes de tous les pays meurtries par les conflits et confrontées à la violence de tous les jours ».

« Ce prix Nobel traduit la reconnaissance de la souffrance et le défaut d’une réparation juste en faveur des femmes victimes de viols et de violences sexuelles dans tous les pays du monde et sur tous les continents », a-t-il déclaré dans une courte déclaration devant la presse dans sa clinique de Panzi à Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo.

« C’est un pas important vers cette réparation tant attendue que nous devons tous à ces femmes qui ont tant souffert », a-t-il poursuivi, espérant que ce prix pourra aider les victimes en zones de conflit.

Le co-lauréat s’est déclaré « honoré » de partager son prix avec la Yazidie Nadia Murad « avec qui je partage ce combat ».

De son côté, de son côté, le président irakien Barham Saleh a félicité vendredi la militante yazidie Nadia Murad, qualifiant cette récompense d' »honneur pour tous les Irakiens ayant combattu le terrorisme ».

Nouvellement élu, M. Saleh, un Kurde, a appelé au téléphone la jeune femme de 25 ans, ancienne esclave sexuelle du groupe jihadiste Etat islamique (EI) pour la féliciter. C’est la première fois qu’un ressortissant irakien reçoit un prix Nobel.

Ambassadrice de l’ONU pour la dignité des victimes du trafic d’êtres humains depuis 2016, Nadia Murad, dont six frères et la mère ont été tués par l’EI, milite désormais pour que les persécutions commises contre les Yazidis soient considérées comme un génocide.

L’an dernier, le Nobel de la paix était allé à la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN) pour avoir contribué à l’adoption d’un traité historique d’interdiction de l’arme atomique.

Le prix, qui consiste en une médaille d’or, un diplôme et un chèque de 9 millions de couronnes suédoises (environ 865.000 euros), est remis à Oslo le 10 décembre, date-anniversaire de la mort de son fondateur, l’industriel et philanthrope suédois Alfred Nobel (1833-1896).

Dans un testament rédigé un an avant sa mort, l’inventeur de la dynamite avait souhaité voir récompensés « ceux qui au cours de l’année écoulée auront rendu à l’humanité les plus grands services ».

Après le prix de la paix, le seul décerné à Oslo, celui d’économie donnera lundi à Stockholm le clap de fin à la saison Nobel. Le prix de littérature a été reporté d’un an par l’Académie suédoise, enferrée dans un scandale d’agressions sexuelles.

 

Source: le nouvelliste

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