Des planteurs remettent en question les résultats de la Caravane

Certaines associations de planteurs n’apprécient pas les retombées jusqu’à ce jour de la Caravane. Le coordonnateur de la Fédération des associations des planteurs de la vallée de l’Artibonite (FEDAPVA), Venel Tilmé, a pris à contrepied les informations selon lesquelles une augmentation de 30% a été observée dans la production de riz dans la vallée de l’Artibonite. Pour ce responsable, les résultats sont plutôt mitigés. La coordination de la caravane, selon ce regroupement de planteurs, ne se montre pas en mesure de résoudre les différents problèmes auxquels est confrontée la vallée. Dans cette partie du pays, les besoins sont multiples, ajoute-il citant, entre autres, les fertilisants adaptés en quantité suffisante, les semences de qualité et une campagne de dératisation.

Depuis plusieurs années, les planteurs ont accès aux fertilisants subventionnés par le biais des opérateurs privés. Pour l’année écoulée, selon ce qu’a rapporté le coordonnateur de la FEDAPVA, l’État haïtien a fait acquisition de 149 000 sacs de 100 livres d’engrais. Une quantité jugée insuffisante par rapport à la demande, car, soutient M. Tilmé qui se présente comme un ancien chargé de missions, du ministère de l’Agriculture, la vallée à elle seule nécessite plus de 400 000 sacs d’engrais par saison.

Tandis que la campagne de printemps avance, les planteurs, si l’on en croit ce responsable, est dans l’inquiétude la plus complète. Les producteurs, affirme le leader communautaire, n’apprécient pas la libéralisation du marché des fertilisants en Haïti. Ce produit qui, dit-il,est indispensable pour la production du riz dans la vallée se trouve entre les mains des concurrents de la production nationale. Dans ce cas, le responsable estime qu’il serait mieux de donner aux associations de planteurs et d’irrigants la responsabilité de la vente et de la distribution des fertilisants dans le département. « On ne peut pas confier la vente d’un produit si stratégique à des importateurs de riz », a-t-il conclu.

Venel Tilmé se montre très remonté contre la coordination de la Caravane. Il n’accorde aucune note de satisfaction à ses réalisations. Les tracteurs nouvellement distribués dans la vallée, fait-il savoir, ne correspondent pas à la production du riz. Ces engins à deux roues motrices, soutient-il, ne sont pas confectionnés pour travailler dans la boue aussi coriace que celle de l’Artibonite. Une information nettement contradictoire à celle des responsables de la coordination de la Caravane du changement.

Les données de FENAPVA ne sont pas authentiques

À travers la caravane, selon Marc Édouard Dieujuste, l’État haïtien n’a jamais eu l’intention de résoudre tous les problèmes de la vallée rien que dans une année. Il reconnaît ainsi qu’il reste beaucoup à faire dans l’optique de contribuer à une augmentation significative de la production rizicole dans cette partie du pays. Il a qualifié de mensongères les allégations de Venel Silmé. Rien de ce qu’a raconté le leader communautaire n’est authentique. Les tracteurs commandés sont conçus spécifiquement pour la culture rizicole, c’est-à-dire pour être utilisés dans la boue. Les problèmes survenus n’ont rien à voir, explique-t-il, avec le nombre de roues motrices. Les tracteurs à quatre roues motrices éprouvent les mêmes difficultés dans certaines parcelles boueuses.

Le problème réside, affirme le membre de la coordination de la caravane, dans un déficit de drainage en général dans la vallée. L’aménagement parcellaire n’est pas bien organisé. Dans ce cas, l’eau n’est pas évacuée à volonté. En vue de résoudre ce problème, il promet de continuer à curer les principaux drains de cette partie du pays.

L’ingénieur a mis l’accent sur les travaux déjà réalisés dans la vallée. S’il est vrai, explique-t-il, que l’eau n’est pas le seul facteur à prendre en compte dans la production du riz, M. Dieujuste croit qu’il s’agit-là de l’un des principaux facteurs limitant la production de cette denrée. C’est pourquoi, dit-il, une emphase importante a été mise sur le curage des canaux et des drains dans les huit communes du bas Artibonite. Avant le lancement des travaux, les canaux étaient à 50% obstrués. Ainsi, des 32 000 ha, rien que 16 000 ont été adéquatement irrigués.

Avec la caravane, 10 000 hectares additionnels sont mis en valeur. Le vœu des autorités gouvernementales, à travers ce mécanisme, est d’augmenter le rendement à l’hectare. Mais les premières initiatives sont de nature à mettre en valeur des parcelles irrigables non exploitées. « Avec 10 000 hectares additionnels, même sans une augmentation du rendement à l’hectare, c’est certain que la production augmente », a argumenté l’ingénieur Marc Edouard Dieujuste.

Source: le nouvelliste

Vous aimerez sûrement aussi Plus de cet auteur