Des sénateurs favorables au choix de Céant mais posent déjà « leurs conditions »

La désignation de Jean Henry comme nouveau Premier ministre par le président de la République après trois semaines de consultations commence déjà à faire dépenser beaucoup de salive au bord de mer. Le sénateur Youri Latortue, qui avait formulé les critères que doit réunir le successeur de Jack Guy Lafontant, parle d’ « un pas positif » franchi dans le processus conduisant à la formation d’un nouveau gouvernement.

Pour Youri Latortue, Jean Henry Céant peut « rassembler les gens ». Il faut dire que le notaire, ancien candidat à la présidence, héritera, si sa politique générale est ratifiée par le Parlement, d’une conjoncture politique des plus difficiles, marquée par le scandale suscité par les privilèges mirobolants octroyés aux ministres et parlementaires. Latortue indique qu’il l’attend sur la sempiternelle question de la lutte contre la corruption.

« On va vérifier ses pièces et voir si son énoncé de politique générale parle de la lutte contre la corruption et indique clairement comment s’y prendre », indique le sénateur de l’Artibonite, qui rappelle que son parti AAA est « en pleine réflexion » face à la conjoncture actuelle et conditionne son ralliement au gouvernement à l’aboutissement du dossier PetroCaribe et à la lumière qui doit être faite sur les dépenses effectuées pour la caravane.

Si Youri Latortue, un allié du pouvoir, a vidé son sac, Jean Renel Sénatus, lui, se mure dans la circonspection. « Aucun commentaire pour le moment », jette le sénateur de l’Ouest, joint au téléphone, en début de soirée. Ronald Larèche, lui aussi joint par téléphone, met en avant « l’esprit de consensus de Jean Henry Céant ». « Il est celui qui convient le mieux dans la conjoncture actuelle », dit-il.

Les sénateurs Jean Renel Sénatus, Ronald Larèche ne font partie d’aucun bloc parlementaire. La seule coalition de sénateurs, GSEP, forte de 11 sénateurs mais tous proches de PHTK, n’a pas encore décidé de commenter la désignation du notaire comme Premier ministre. Kédelaire Augustin, en solo depuis la désintégration de la majorité présidentielle, indique que le « profil de Jean Henry Céant ne l’intéresse pas ».

Celui qui brandit sans cesse qu’il est d’un département traité en parent pauvre et que ses mandants attendent beaucoup de lui dit attendre des « engagements documentés » du Premier ministre désigné. « Il [Jean Henry Céant, NDLR] doit pouvoir également me convaincre de son engagement à combattre la corruption. C’est ce que veut la population. Il faut également rationnaliser les dépenses de l’Etat pour pouvoir continuer la construction des routes Carrefour Joffre-Anse-à-Foleur et la route Gonaïves-Cap-Haïtien », plaide Kédelaire Augustin, joint par WhatsApp lundi soir.

« Je veux des engagements par rapport à mes engagements devant mes mandants dans le Nord-Ouest et devant la nation », a insisté le sénateur du Nord-Ouest. Les quatre sénateurs réputés proches de la mouvance Lavalas n’ont encore rien dit sur le choix de Jean Henry Céant comme Premier ministre. Contacté par WhatsApp, le sénateur Evalière Beeauplan a répondu: « Je ne suis pas en Haïti. Je suis un peu coincé parce que je suis en réunion présentement.»

Pour Nènèl Cassy, sénateur Lavalas des Nippes, le débat semble ailleurs. « Le choix ne fait pas partie de nos préoccupations, nous travaillons de préférence à créer des conditions pour la tenue de la conférence nationale souveraine qui accouchera d’une nouvelle Constitution et la réforme de l’État. L’heure n’est plus à des solutions cosmétiques. Il faut mettre fin à cette crise chronique qui a trop duré », soutient le parlementaire.

Source: le nouvelliste

Vous aimerez sûrement aussi Plus de cet auteur