Diaspora/Canada: Il y a une main derrière le soulèvement en Haiti

Les violentes manifestations qui ont saccagé la capitale et plusieurs autres villes du pays ont suscité des réactions de plusieurs composantes de la société haïtienne. La diaspora haïtienne vivant au Canada a eu son mot et, selon Le Devoir, certains membres qui se sont exprimés croient qu’il y a un bras derrière ce soulèvement populaire spontané.

C’est le cas de Jean Alix, membre de la maison d’Haïti, qui a expliqué sa préoccupation dans les colonnes du journal. « Je suis inquiet, a-t-il reconnu d’emblée. Pour la bonne raison qu’on ne sait pas qui est derrière ça. », a-t-il dit.

Jean Alix n’a pas eu les nouvelles des membres de sa famille, mais a pu contacter quelques proches qui lui ont informé de leur situation. « Elles sont de La Boule, mais elle travaille en ville. Elles ont dû passer la nuit au boulot, car il y avait des gens armés dans les rues, des pneus qui brûlaient. C’était l’état de siège, elles ne pouvaient tout simplement pas rentrer chez elles », raconte-t-il.

Il croit que l’augmentation des prix des produits pétroliers est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, car bien avant il y a eu plusieurs revendications tels que le salaire minimum.

La Directrice générale de la maison d’Haïti, Marjorie Villefranche, est allée dans le même sens qu’Alix, croyant toujours que ces émeutes ont été financées. « Il y a le ras-le-bol de la population et il y a des groupes derrière ça qui en profitent et sèment le chaos »

Elle a, cependant, pris un temps pour détailler sa pensée. « C’est une mini-analyse sauvage que je vous fais, car on ne sait pas très bien ce qui se passe. Il faut du temps pour essayer de comprendre qui est derrière les groupes qui font l’agitation. ».

Selon Mme Villefranche, l’explosion migratoire des Haïtiens qu’il y a eu au Chili, au Brésil, dans les pays de l’Amérique latine et l’année dernière au Canada sont des signes avant-coureurs des mauvaises conditions du pays. Pour elle, la vie est devenue pratiquement impossible pour ces compatriotes qui ont décidé de fuir leur patrie.

Au milieu de la crise qui s’est éclatée le week-end dernier, il y a eu des échanges houleux entre les Haïtiens vivant en Haïti et la diaspora à travers les réseaux sociaux. Quelques Haïtiens de l’étranger ont craché leur colère contre le mouvement populaire. Ce qui a poussé ceux vivant au pays de réagir parfois avec une dose d’animosité.

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