Dix gourdes en polymères, désormais une source d’altercation

Entre chauffeurs et passagers de la zone métropolitaine, le tout dernier billet de dix gourdes crée des altercations presque chaque jour. Dans le transport en commun ou dans les marchés publics, et même dans les boutiques de quartier, des engueulades éclatent très souvent à cause de ces billets qui deviennent facilement pâles et illisibles.

Les marchands refusent très souvent d’être payés avec ces billets quand ils sont abimés. Pour leur part, les chauffeurs qui les acceptent ne peuvent pas les donner aux passagers en retour. Ceux-ci refusent de les recevoir. D’où l’origine de nombreuses altercations.

Dans un bus assurant le trajet Pétion-ville/centre-ville, une altercation a éclaté le mercredi 5 avril 2017 entre un passager et le chauffeur. Celui-ci lui tendant comme différence un billet de 10 gourdes en plastique abimé. « Qu’est-ce que je vais faire avec ça ? Tu sais bien qu’on ne les accepte plus. Garde-le pour toi », a lancé le passager. Le chauffeur, de répondre : « L’État a donné son argent et toi, tu refuses de l’accepter. On t’a dit que je fabrique des billets, moi? », a-t-il rétorqué.

De nombreux passagers se sont lancés dans la discussion. Si une bonne partie d’entre eux se range du côté du passager, une infime minorité tente de défendre le chauffeur. « Le billet est acceptable. Le problème, c’est d’abord nous qui utilisons très mal nos billets », a jugé l’un des passagers, prenant partie pour le chauffeur.

La même situation se produit très souvent entre chauffeurs et passagers sur le circuit Carrefour/ Centre-ville. Certaines fois, des passagers sont obligés de descendre d’un tap-tap parce que le chauffeur refuse d’accepter le billet de dix gourdes en plastique et abimé.

Des gens rencontrent même des difficultés à acheter dans certaines boutiques de leurs zones avec ce billet de dix gourdes. « Je n’aurais aucun problème à l’accepter. C’est quand même de l’argent. Mais si je l’accepte aujourd’hui, ils ne voudront pas l’accepter demain », a justifié une femme qui vend dans une boutique à Carrefour.

Au cours d’un séjour dans la ville de St-Marc, dans le département de l’Artibonite, plusieurs vendeurs d’eau nous ont informés que ces billets sont refusés presque partout dans cette région. C’est pourquoi, eux aussi, ils ne les acceptent que rarement. Neufs ou abimés, ces billets ne sont pas les bienvenus.

Il convient de préciser que les billets en polymères comportent beaucoup d’avantages considérables. Moins fragiles que les autres billets, ces billets sont considérés plus hygiéniques et sont recyclables. Ayant une plus grande durée de vie, il est même presqu’impossible de les contrefaire. La question que l’on doit se poser est pourquoi ils s’abiment si vite chez nous et créent tant de prises de bec au sein de la population ?

Ritzamarum Zétrenne

Source:le national

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