Du Brésil au Mexique, le parcours difficile de ces migrants haïtiens

Ce n’est ni le Chili, ni le Brésil, ni la République Dominicaine ou encore moins les Etats-Unis et le Canada, mais le Mexique qui parle cette fois-ci des migrants Haïtiens qui se sont installés au pays. Le journal mexicain Debate a pris un temps pour informer de la situation de ces ressortissants qui se sont heurtés contre la crise économique du Brésil peu après s’y être rendu pour fuir les dommages collatéraux du séisme du 12 janvier 2010.

Plusieurs d’entre eux ont, en effet, laissé le Brésil espérant rejoindre les Etats-Unis après voir traversé plusieurs pays de l’Amérique latine pendant plusieurs mois. Certains d’entre eux ont vu leur rêve s’arrêter sur la frontière séparant le Mexique avec les Etats-Unis et se sont résigné de rester plutôt que de revenir en Haïti.

Ils se sont installés à Tijuana et ont formé une communauté reprenant l’appellation de Little Haïti comme celui que l’on connait à Miami.

« Partout dans la ville (Tijuana, ndlr), les Haïtiens ont pu etre employés de soudeurs, travailleurs d’usine et sont devenus partie intégrante du paysage urbain. On peut les voir monter à bord, charger de l’essence ou briser la circulation tout en vendant de l’eau aromatisée aux automobilistes », explique le média mexicain pour illustrer la vie de ces migrants haitiens.

L’une des institutions de la ville, l’Eglise Ambassadeur Evangélique de Jésus les a accueilli et a voulu construire des maisons pour héberger les 200 qui se sont affiliés à son assemblée. Mais les responsables de la défense civile du Mexique ont dû arrêter les constructions en raison des risques probables en cas de catastrophes naturels.

Le problème de la régularisation de leur statut migratoire reste le même qu’ailleurs puisque le gouvernement mexicain a stoppé le processus après qu’un groupe d’Haïtiens ait quitté les Etats-Unis pour se réfugier au Mexique par crainte de l’application prévue par Donald Trump sur le TPS. Certains ont déjà eu des enfants dans le pays et pourraient voir leur statut migratoire s’améliorer plus facilement.

Pierre Franzzy, 26 ans, ne compte pas de ce nombre. « C’est pourquoi j’ai pris la décision de retourner volontairement en Haïti avant de me faire dénoncer ou déporter », a-t-il déclaré pour faire savoir qu’il ne compte plus poursuivre l’aventure.

A 40 ans, Saintanier Jeune se plait de sa situation puisqu’il a trouvé un emploi stable dans une usine. Mais, il compte à tout prix retrouver les Etats-Unis dont il convoite les gratte-ciels situés à seulement quelques kilomètres de San Diego.

« […] Je veux partir … parce que je crois que je peux avoir une meilleure qualité de vie de l’autre côté », a-t-il déclaré.

 

 

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