Elizabeth Beton-Delegue souhaite doubler le flux d’Haïtiens voulant étudier en France 

« Il y a une fenêtre pour les Haïtiens qui veulent aller poursuivre leurs études en France. On en veut plus. Cela fait partie de nos indicateurs de résultats », a déclaré l’ambassadeur français, qui dit souhaiter doubler le flux d’étudiants haïtiens voulant aller poursuivre leurs études en France, tout en rappelant que leur nombre a augmenté de 50%. 

Au fil des années, a-t-elle poursuivi, il y a eu un éloignement vis-à-vis de la France et surtout une grande méconnaissance avec cette idée que le visa est impossible à obtenir et que deuxièmement la France c’est très cher. « Je rappelle qu’en France l’enseignement supérieur est essentiellement public, c’est-à-dire financé par les contribuables et que les étudiants étrangers sont considérés comme des étudiants français, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas de « fees » ni de cotisations, ni de droits d’écolage à acquitter pour payer leurs études », a fait savoir la diplomate française en poste en Haïti. 

« En d’autres termes, on paie très peu pour faire ses études supérieures en France. C’est un principe républicain », a-t-elle renchéri. Et pour accompagner les éventuels candidats qui rêvent d’entreprendre des études supérieures dans l’Hexagone, il existe l’espace Campus France de Port-au-Prince, créé en février 2016, et dédié aux Haïtiens et aux étrangers résidant en Haïti qui souhaitent poursuivre leurs études supérieures en France. 

C’est une agence publique sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères et du ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, précise Elizabeth Beton-Delegue, qui a deux missions : être une agence de promotion d’une part et, d’autre part, assurer la mise en liaison avec l’ensemble des universités, écoles et instituts de formation français. Selon l’ambassadeur, Campus France est un guichet unique d’information et d’orientation sur les études en France capable de donner à chaque étudiant un service personnalisé pour l’orienter dans ses études quand il veut aller en France. 

« C’est un petit bureau à l’institut français piloté par un responsable très compétent qui sillonne aussi le pays notamment dans les alliances françaises pour faire la promotion de l’enseignement », a expliqué Mme Beton-Delegue. Bref, un service personnalisé offert à l’étudiant. 

Pourquoi il n’y a plus de formateurs, enseignants français qui viennent enseigner en Haïti ? 

« Cette politique qu’on a menée pendant des années et qui s’est arrêtée au début des années 2000 dans le monde entier a fait l’objet de beaucoup de critiques tant dans les instances internationales que dans les pays récipiendaires puisque nous étions quelque part montrés du doigt pour continuer une forme de néocolonialisme déguisé en envoyant des coopérants. Des coopérants qui décidaient et qui prenaient la place des autres », a donc répondu l’ambassadeur tout de go. 

« On a tenu compte de cette pression, de ce mouvement très fort et nous n’avons aujourd’hui plus de coopérants », a-t-elle assuré tout en précisant qu’il y a d’autres formes de coopérations qui sont mises en place, dont l’expertise publique. « C’est à peu près la même chose mais les modes de faire sont différents. »

Par ailleurs, elle annonce l’ouverture en Haïti, d’ici à la fin de l’année, d’une agence du bureau de l’expertise publique dénommée Expertise France, qui est un opérateur qui est à même, à la demande des autorités haïtiennes sur des programmes financés par X, Y ou Z y compris bilatéraux, de mettre à disposition des experts français qui sont des praticiens. Elle a donc pris comme exemple la présence de conseillers de la Cour des comptes française qui sont venus travailler avec la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA). 

Source: le nouvelliste 

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