Envoyer de l’argent en Haïti coûte plus cher que dans tout le reste de la région

Par rapport aux autres pays de la région, Haïti est le pays où les coûts des transferts d’argent en provenance de l’étranger sont les plus élevés, révèle une publication de la Banque de la République d’Haïti (BRH). De la sorte, Haïti a de sérieux efforts à entreprendre pour atteindre à la fois la cible de 3 % fixée dans les Objectifs de développement durable (ODD) et s’aligner sur l’« Objectif 5×5 » de la Banque mondiale visant à ramener à 5 % d’ici 2014 le coût des envois de fonds partout dans le monde.

« En moyenne, dans la région Amérique latine et Caraïbes, le coût des transferts représente 6.2% de leur montant », estime la BRH puisant dans la base de données de la Banque mondiale sur les coûts des transferts d’argent à travers le monde en 2014. À l’époque, les migrants haïtiens vivant aux États-Unis ont payé en moyenne 12 dollars pour 200 dollars transférés (6.4% du montant), ceux de la République dominicaine 18 dollars (8.9% du montant), ceux du Canada 28 dollars (14% du montant) et ceux de la France 31 dollars (15.7% du montant).

En 2017, selon la Banque mondiale à travers sa note d’information sur les migrations et le développement, les travailleurs émigrés haïtiens ont envoyé plus de 2.4 milliards de dollars (équivalant à 29.4% de son produit intérieur brut (PIB) à leurs familles restées au pays. Et ce sont les États-Unis qui caracolent en tête du classement des 4 premiers pays émetteurs d’envois de fonds vers Haïti, avec plus de 1.4 milliard de dollars. La République dominicaine arrive deuxième avec 566 millions de dollars transférés en Haïti, loin devant la France (149 millions) et le Canada (144 millions).

Cependant, une large part de ces envois de fonds est absorbée par les coûts de transaction associés au transfert d’argent à l’international. En effet, sur cette même année, le coût moyen d’un transfert de 200 dollars en provenance des États-Unis vers Haïti était de 11,2 dollars (5.6% du montant), de la République dominicaine de 17,6 dollars (8.8% du montant), de la France de 19,4 dollars (9.7% du montant) et du Canada de 20,8 dollars (10.4% du montant).

Très peu de changement par rapport à 2014 et surtout une accélération de plusieurs points par rapport à l’échelle mondiale où le coût moyen d’un transfert de 200 dollars était de 7,1 % au premier trimestre de 2018. Toutefois, l’Afrique subsaharienne reste aux yeux de la Banque mondiale la région vers laquelle les transferts sont le plus onéreux, avec un coût moyen de 9,4 %.

Ces frais pourraient être moindres mais, en attendant, les principaux obstacles à la baisse des coûts des transferts, selon la Banque mondiale, sont notamment les mesures de réduction des risques pris par les banques et les partenariats exclusifs conclus entre les systèmes postaux nationaux et les opérateurs de transfert d’argent.

« Une baisse des coûts entraînera une intensification des transactions de la part des travailleurs expatriés ainsi qu’une augmentation du volume à traiter par les prestataires de services », note la Banque mondiale préconisant en ce sens des mesures concrètes comme la transparence, la concurrence, la suppression des obstacles juridiques, l’amélioration de l’infrastructure des systèmes de paiement et l’amélioration de la gouvernance et de la gestion des risques pour les prestataires de services d’envoi de fonds.

Concrètement, ces mesures pourraient permettre aux travailleurs émigrés haïtiens d’économiser des millions de dollars de frais de transaction et d’en faire bénéficier leurs familles dans le besoin. Mais, la BRH note que la concentration du marché dans ce secteur est relativement élevée, car plus de deux tiers des transferts en provenance de l’étranger sont payés par trois maisons de transfert.

Source: le nouvelliste

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