Haïti – Économie : Situation de la dette publique en Haïti

Dans la perspective de divulguer les avancées réalisées, de faire une photographie du portefeuille de la dette publique et de présenter les défis à surmonter, Jude Alix Patrick Salomon, le Ministre de l’Économie et des Finances apporte son plein soutien à la publication du bulletin (#6) de la dette publique haïtienne au 2e trimestre de l’exercice financier cours 2017-2018. Par cette initiative, le Ministre dit vouloir promouvoir la culture de la transparence et encourager les recherches académiques et scientifiques en finances publiques.

Résumé de la situation :

Évolution de l’Économie haïtienne :
Ces 5 dernières années l’évolution de l’économie haïtienne indique qu’elle a fait face à certaines difficultés qui ont entravé sa croissance. Entre autres : les troubles sociaux économiques, politiques, climatiques mis en évidence par le comportement et le faible niveau des indicateurs par rapport à l’année de départ retenu (2013).

De 2013 à 2015, le taux de croissance du PIB n’a fait que chuter. En 2016, il a connu une faible remontée (1.5%) pour ensuite rechuter à 1.2% en 2017 :

4.2% (2012-2013), 2.8% (2013-2014), 1.2% (2014-2015), 1.5% (2015-2016) et 1.2% (2016-2017).

Déficit budgétaire :
La supériorité continue des dépenses publiques par rapport aux recettes publiques devient une dure réalité au niveau des finances publiques qui creuse d’avantage le déficit budgétaire, lequel est généralement financé par les avances généralement de la BRH et d’avantage de déficit budgétaire. Ce mode de financement peu orthodoxe a un certain impact sur l’évolution de la dette publique, sur l’inflation et également sur le taux change (tendance dépréciative de la gourde).

Au terme du premier semestre de cet exercice fiscal, le déficit a été évalué à environ 9 milliards de Gourdes. Il s’agit d’un déficit momentané puisqu’on est encore au milieu de l’exercice fiscal et selon les prévisions, il devrait être régularisé par l’émission de 3,2 milliards de Gourdes de Bons du Trésor et 35 millions de dollars en appui budgétaire de partenaires internationaux ainsi que les gains financiers sur l’ajustement des prix des produits pétroliers.

Évolution de la dette externe :
L’encours de la dette externe d’Haïti a connu une tendance croissante au cours de ces 25 dernières années. Cette tendance a été justifiée par le recours d’Haïti à l’emprunt extérieur pour financer le déficit budgétaire récurrent dont il fait face depuis plusieurs années.

La dette publique a subit une augmentation de 6.26% au 30 septembre 2015 par rapport au 30 septembre 2014. Presque le même rythme de croissance a été maintenu jusqu’au 31 mars 2018. L’augmentation constatée a été de 3.43% en 2016 par rapport à 2015 ; de 2.41% en 2017 par rapport à 2016 et de 0.87% au 31 mars 2018 par rapport au 30 sept.2017. Mise à part des périodes d’annulation de la dette, de septembre 1995 à mars 2018, recourir à la dette extérieure pour financer le déséquilibre budgétaire est de plus en plus fréquent.

Le service de la dette externe constitue un poids considérable dans les budgets de l’État au cours de ces 25 dernières années. Hormis l’obligation d’être payée en dollars américains, qui contribue en partie à la détérioration de la Gourde, le service de la dette externe réduit la capacité de la puissance publique. Suivant ce que l’on peut constater, le service de la dette externe a évolué en dent de scie au cours de la période de 1995 à 2018. Il a subit une augmentation de 130.7% au 30 septembre 2015 par rapport à l’exercice fiscal 2013-2014, cette tendance croissante continue à s’imposer jusqu’au 31 mars 2018.

Au terme de ce 2e trimestre de l’exercice fiscal 2017-2018 la dette publique d’Haïti s’est établi a 203,051.59 millions de Gourdes soit l’équivalent de plus de 3.1 milliards de dollars américains (3,166.97 millions de dollars). La prédominance de la dette externe sur la dette interne est encore maintenue, soit 67% du portefeuille global.

La dette interne (1.04 milliard de dollars) est largement dominée par les créances envers la Banque de la République d’Haïti (848 millions de dollars) et la dette externe (2,1 milliards de dollars) par les engagements envers le Venezuela (1.8 milliards) qui représente 85% du portefeuille externe.

L’encours de la dette publique a subit une augmentation de 6% par rapport au 30 septembre 2017. La prise en compte par le Ministère de l’Économie des engagements de certaines mairies et autres institutions publiques envers la Pension Civile, entraine en partie cet accroissement.

Au 31 mars 2018 le Trésor public avait déjà décaissé plus de 8 milliards de Gourdes (8,069.26 millions de Gourdes) pour honorer ses engagements envers ses créanciers. Ce montant représente 63% de celui décaissé sur l’ensemble de l’exercice précédent. De janvier 2018 à mars 2018 soit au cours du deuxième trimestre plus de 3 milliards de Gourdes (3,076.10 millions de gourdes) a été décaissé pour payer le service de la dette publique

De 1995 à nos jours, la dette extérieure a plus que doublée soit une croissance de plus de 137%.

Cependant, depuis bientôt 5 ans, il y a une certaine tendance à aller vers le financement interne. Outre la dette traditionnelle envers la BRH, les gestionnaires du portefeuille pour financer la mise en œuvre récente de certains grands projets de l’État ont développé des instruments pour financer pour des projets précis.

Crédits fournisseurs :
Initié en 2017 d’une valeur de 123 millions de dollars américains, cet instrument permet d’acquérir, jusqu’à présent, certains instruments agricoles et industriels auprès du secteur privé à crédit payable selon un échéancier établi.

Prêt accordé par la pension civile aux collectivités territoriales et autres institutions publiques :
Ce prêt dont le stock actuel est de plus de 1,7 milliards de Gourdes (1,714 millions de Gourdes) permet à certaines municipalités et institutions publiques de faire face à des besoins de financement. ;

Bons du Trésor :
Initié en Septembre 2010, stock actuel de 1,4 milliards de Gourdes (1,400 millions de Gourdes) Permet à l’État de faire face au besoin de trésorerie provoqué généralement par un retard constaté au niveau de l’entrée des recettes publiques.

Source/ HaïtiLibre

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