Jovenel Moïse crée et installe le comité de pilotage des « états généraux sectoriels »

Ils sont des religieux, des anciens Premiers ministres, des leaders politiques, des personnalités issues de différents secteurs de la société appelés à « créer les conditions pour rendre possibles des changements majeurs dans divers domaines couvrant les quatre grands secteurs d’activités : politique, économique, social et culturel », selon la tâche que leur a confiée le chef de l’État.

Le comité de pilotage et d’organisation des états généraux sectoriels de la nation est composé des personnalités suivantes : Monseigneur Louis Kébreau, président ; Jean Claude Desgranges, vice-président ; les anciens Premiers ministres Jacques Edouard Alexis, Michèle Duvivier Pierre-Louis, Evans Paul, comme conseillers spéciaux ; Rony Alexy Desroches, rapporteur ; Amary Joseph Noël, porte-parole.

Ensuite, Paul Gustave Magloire, René Julien, Guerdy Lissade, Jean Emmanuel Eloi, Frantz Bernard Craan, Pierre Richard Casimir, Guy Michel Vincent, Marie Carmelle Mentor, Eugenia Romain, Mimerose Pierre Beaubrun, Jean Lavaux Frederic, Franklin Armand, Yrvelt Chéry, Claude Moïse, Rosanne Auguste et Amos Durosier sont membres de la nouvelle structure présidentielle.

Ces personnalités, selon le palais national, ont été choisies en fonction de leur engagement social, politique ou économique. Elles ont pour mission de produire un « Pacte pour la stabilité et le progrès économique et social » qui devra être soumis pour validation au président de la République dans les six mois à compter de la date de leur installation, donc à partir du mercredi 28 mars 2018.

Selon Jovenel Moïse, il a suivi un long processus de consultation et de dialogue en vue de recueillir les avis des uns et des autres avant d’arriver à la mise en place du comité de pilotage et d’organisation des états généraux sectoriels de la nation.

« Les états généraux sectoriels de la nation sont conçus comme un espace de dialogue entre toutes les filles et tous les fils de ce pays, a discouru le chef de l’État en présence de son Premier ministre, du président du pouvoir judiciaire, des présidents des deux branches du Parlement, entre autres. Il s’agira pour l’ensemble de la collectivité de repenser le cadre de notre existence collective et de faire émerger de leurs discussions un nouveau modèle qui doit inspirer le Pacte pour la stabilité et le progrès économique et social. »

Pour changer durablement les conditions de vie de la population, Jovenel Moïse estime qu’il nous faut non seulement faire autre chose, « il nous faut surtout le faire autrement. Il y va de notre capacité à réaliser nos ambitions légitimes de progrès pour tous et de prospérité partagée. Ce changement ne peut s’opérer que par le dialogue. Ce changement n’est possible que par l’adhésion volontaire de l’ensemble des citoyens à des principes et des valeurs qui le rendent possible », selon la rhétorique du président.

Pour lui, la finalité du nouveau pacte qu’il cherche à travers les états généraux sectoriels, c’est de créer les conditions pour rendre possibles des changements majeurs dans divers domaines couvrant les quatre grands secteurs d’activités : politique, économique, social et culturel.

Au cours des travaux sur les états généraux sectoriels, il y aura des ateliers sur la gouvernance politique, la gouvernance locale, la gouvernance économique, la gouvernance environnementale et aménagement du territoire, la gouvernance de l’espace public et médiatique, la gouvernance du système éducatif, la gouvernance du système de santé, l’identité culturelle et l’intégration sociale, l’ordre et la sécurité publics, la place d’Haïti sur la scène internationale.

Le chef de l’État a souligné que les conditions pour faciliter l’atteinte des résultats désirés dans ces différents domaines ne tomberaient pas du ciel, ni d’une décision gouvernementale. « Ces conditions procèderont du dialogue lui-même. Le dialogue ici doit être compris comme ce processus qui se décline en trois actes : les acteurs s’approprieront d’abord les stratégies définies ainsi que leurs objectifs en rapport avec les exigences propres à chaque domaine ; ils définiront ensuite ensemble des résultats souhaitables ou à atteindre et ils s’engageront à agir ensemble pour les réaliser », a expliqué Jovenel Moïse comme un professeur d’université en Haïti. Beaucoup de théories…

Le président du comité de pilotage des états généraux sectoriels de la nation, Mgr Louis Kébreau, qui, on se le rappelle en 2011, a conseillé au président Michel Martelly d’enfiler sa défroque de Sweet Micky pour diriger le pays, estime que le comité doit partir d’une vision chrétienne « qui nous permet de comprendre que nous sommes membres d’une unique famille humaine créée par Dieu. » Des déclarations qui visiblement n’ont pas fait plaisir aux représentants du secteur vaudou assistant à la cérémonie.

Mgr Louis Kébreau croit aussi que nous devons avoir le courage d’interroger « ceux qui profitent de ce pays pour s’enrichir. Il faudrait que le peuple ait le courage de demander des comptes à la nation », a-t-il dit.

Si l’on croit le délai du président, le comité de pilotage des états généraux sectoriels est déjà au travail. Le fameux « pacte pour la stabilité » que recherche Jovenel Moïse à travers cette activité d’envergure pourrait se heurter à une opposition politique radicale qui ne jure que par son départ du pouvoir.

Source: le nouvelliste

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