Jovenel Moïse explique le projet courant 24 sur 24 à New York

C’est à travers les énergies solaire, éolienne, hydroélectrique et biomasse que le président Jovenel Moïse compte électrifier le pays 24 heures sur 24. Le chef de l’État a apporté cette précision, lundi, lors de son intervention au Climate Week NYC à New York, un sommet auquel ont pris part, entre autres, le président du Pérou, la présidente des îles Marshall, la Première ministre de la Nouvelle Zélande, le gouverneur de la Californie et des investisseurs avisés.

Pour sa première journée à New York, en marge de sa participation à la 73e Assemblée générale de l’ONU, c’est au Climate Week NYC, au Times Center, siège du quotidien The New York Times, que le président haïtien a débuté son périple de 5 jours dans la Big Apple. L’action climatique pour contrer les méfaits du réchauffement de notre planète était au centre de ce sommet.

Dans son intervention, Jovenel Moïse a souligné les conséquences du changement climatique sur les couches vulnérables de nos populations. Les pertes en vie humaine et de biens accumulés après des années de dur labeur, sont, a ajouté le président, en réalité incalculables. «Notre planche de salut doit être l’élimination des émissions de gaz à effet de serre, qui sont les principales causes du réchauffement climatique», a-t-il souligné.

«L’entrepreneur que j’étais, avant de devenir président d’Haïti, sait qu’avec près de 50 millions d’habitants, en plus des 30 millions de touristes qui visitent annuellement les pays de ma région, la Caraïbe constitue un pôle économique non négligeable et un potentiel énorme pour des investissements dans les énergies renouvelables, surtout solaires et éoliennes», a discouru le chef de l’État.

La proposition de Jovenel Moïse sous la forme de demande aux investisseurs

Au Climate Week NYC, le président a tenté de convaincre les investisseurs à participer à un partenariat public-privé pour investir dans les énergies renouvelables. «L’entrepreneur que je demeure, malgré mes fonctions d’homme d’État, voudrait proposer un partenariat public-privé alléchant. Loin d’être une entreprise de charité, il s’agit plutôt d’un geste s’inscrivant dans la droite ligne de l’économie capitaliste, à laquelle vous souscrivez tous, qui nous permettra de redresser le climat et, en même temps, de gagner de l’argent, créer des emplois et générer des richesses», a-t-il proposé.

«Supposons que les ventures capitalistes, rien que celles qui sont dans cette salle, s’engagent à investir dans un vaste programme de génération d’électricité uniquement à partir des sources d’énergie renouvelables, principalement le soleil qui baigne abondamment nos pays pendant plus de trois cents jours chaque année. Et imaginons que ces investissements, en plus des pays de la Caraïbe, s’étendent à toute l’Amérique en exploitant les atouts spécifiques de chaque pays en matière de sources d’énergie propre et renouvelable», a ajouté Jovenel Moïse.

Il a fait savoir aux participants qu’en Haïti, il a fait «le choix irréversible vers l’avenir, en termes de l’utilisation des sources d’énergie renouvelables. S’agissant de l’électrification rurale, hors réseau, le gouvernement, par un projet pilote très encourageant, a entrepris de fournir l’électricité à 10 000 ménages sur un besoin de 1 100 000.»

«Pour l’électrification semi-urbaine, le mix énergétique consiste en des sources éolienne, solaire à l’aide de batteries recyclables. Quant à l’électrification urbaine, Haïti privilégie les énergies solaire, éolienne, hydroélectrique et biomasse. Notre objectif est d’électrifier le pays 24 heures sur 24 à l’aide de cette stratégie d’utilisation de sources renouvelables », a expliqué Jovenel Moïse. Mais, cette fois, il n’a pas donné de date limite pour électrifier le pays.

Toutefois, il a souligné que ces initiatives locales ne suffisent pas pourtant à contrecarrer le réchauffement climatique. «Les beaux discours, les superbes montages cinématographiques, comme l’époustouflant documentaire  »Blue », qui montre l’état catastrophique de la pollution des océans, ne suffisent plus. Il faut passer à l’action. C’est le choix que mon administration a fait en Haïti : l’option pour les énergies renouvelables», a-t-il exhorté.

En anglais, Jovenel Moïse a déclaré : « Je vous exhorte à parler avec vos poches : agissez maintenant, à court et à moyen terme. Et, à plus long terme, vous pouvez éliminer les émissions en investissant dans les sources d’énergie vertes, renouvelables. Haïti est prête à vous accueillir à bras ouverts pour investir dans l’énergie verte et, en même temps, faire du bien pour la planète. » Des déclarations qui lui ont valu beaucoup d’applaudissements.

Le Climate Week NYC est organisé chaque année, depuis 2009, par l’organisation The Climate Group, qui a son siège à New York.

Par ailleurs, selon l’agenda du palais national, le mardi 25 septembre, le président haïtien fera une intervention de 10 minutes au Concordia Annual Summit sur le thème : « La préparation aux désastres dans le développement d’Haïti ». Dans la même journée, il participera à un rencontre bilatérale avec John J. SULLIVAN, secrétaire d’État adjoint américain au siège de l’ONU, avant de prendre à part à une session de haut niveau sur la « Stratégie sur l’investissement transformationnel en Haïti », toujours à l’ONU.

Ensuite, le mercredi 26 septembre, Jovenel Moïse participera à deux rencontres bilatérales. D’abord avec Christine LAGARDE, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), puis avec Luis Alberto MORENO, président de la Banque interaméricaine de développement (BID) en marge au Bloomberg Global Business Forum qui se déroulera sur le thème : « Construire des économies résilientes et préserver les écosystèmes marins dans les pays côtiers du Commonwealth et en Haïti ».

Enfin, le jeudi 27 septembre, Jovenel Moïse interviendra à la tribune de l’ONU à l’occasion de la 73e Assemblée générale. Mais avant, le chef de l’État participera à la Conférence « Mettre en évidence le financement privé pour les Objectifs de développement durable : Haïti sur la ligne de front », organisée par le bureau de l’envoyée spéciale du secrétaire général de l’ONU en Haïti.

En attendant la confirmation du palais national, Jovenel Moïse devrait avoir aussi, le jeudi 27 septembre, une rencontre bilatérale avec le secrétaire général de l’ONU, Antonio GUTERRES.

Jovenel Moïse, accompgné entre autres, de son épouse Martine Moïse, des ministres des Affaires étrangères, de l’Économie et des finances, de la Santé publique, du gouverneur de la Banque centrale, sera de retour au pays le vendredi 28 septembre.

 

Source: le nouvelliste

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