La cérémonie de prestation de serment des vaudouisants reportée de nouveau

Ils étaient au total 10 hommes et deux femmes pratiquants du vaudou qui n’ont pas pu prêter serment une nouvelle fois au tribunal de première instance de Port-au-Prince pour devenir ministre religieux, le 9 août 2017. Cette fois-ci, ce report n’est pas dû au mouvement des greffiers, mais au texte sur lequel ces hougans et mambos devrait prêter serment. La formule comporte des irrégularités.

Offusqués, la mambo Euvonie Georges Auguste ainsi que ses pairs ont du mal à digérer cette nouvelle rebuffade. Pris dans une ambiance bruyante, un juge du tribunal essayait dans une conversation téléphonique d’expliquer à un responsable du ministère des Cultes la manière de faire les choses pour éviter des complications. « Les formules de prestation de serment de différents secteurs sont établies par la loi. On ne peut pas imaginer un serment pour eux. Le ministère des Cultes doit dire clairement le type de formule applicable à la prestation de serment des vaudouisants », a-t-il dit.

Assoiffée de franchir cette nouvelle étape dans la lutte les habilitant au même titre que les prêtres et les pasteurs à officier dans les cérémonies de baptême, de mariage et dans les funérailles, Mme Auguste a dénoncé la marginalisation dont est victime le secteur vaudou en Haïti.

« Le doyen Bernard St-Vil m’a appelé pour me dire de venir avec les autres aujourd’hui. Quand je suis arrivée ici, il n’est pas là », a-t-elle tempêté. « On a déposé tous nos dossiers au ministère des Cultes et au palais de Justice. Maintenant on est bloqué sous prétexte que le texte de serment est illégal », a expliqué Euvonie Georges Auguste, croyant que c’est le doyen qui les boycotte en raison de sa croyance religieuse.

Entre-temps, à la première chambre civile où devait se tenir l’assermentation, les débats entre les frères et sœurs vaudouisants chauffaient. Ils n’ont pas caché leur colère. « Cela fait plus de 20 ans depuis que nous avons, au niveau du KNVA, décidé d’entamer cette démarche qui vise à donner aux prêtres vaudou cette reconnaissance comme les pasteurs catholiques et protestants », témoignent-ils. « Nous nous opposons à toute forme d’exclusion qui ne fait qu’aggraver la situation sociopolitique et économique d’Haïti », ont-ils lâché.

Finalement, après plusieurs heures de tirades entre les autorités du vaudou et le juge Joseph Jeudilien Fanfan qui fait office de doyen par intérim au tribunal de première instance de Port-au-Prince, ces derniers ont fini par accepter le renvoi de la cérémonie de prestation de serment des premiers ministres religieux dans le secteur. « On ne va pas baisser les bras. On retournera au ministère des Cultes pour régler cette question une bonne fois pour toutes », indiquent les vaudouisants

 

Source: Le novelliste

Vous aimerez sûrement aussi Plus de cet auteur