La société civile a marché contre la corruption

Plusieurs organisations de la société civile ont marché ce mardi dans les rues de Port-au-Prince pour dénoncer la corruption et le gaspillage des ressources publiques. Selon Édouard Paultre, l’un des organisateurs, la marche de ce mardi est celle de l’indignation et de la protestation. «Les gens sont indignés parce que les ressources de l’État sont pillées. Ce n’est pas normal. L’argent de l’État est sacré et doit être dépensé selon la loi. Ce n’est pas normal que des gens s’enrichissent en pillant l’État alors que les citoyens ne bénéficient pas des services», a-t-il expliqué.

Le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance, a lui aussi plaidé pour une meilleure gestion des fonds du Trésor public. «Les ressources sont limitées certes, mais il y a trop de gaspillage. En revanche, la population est privée de soins de santé, les enseignants ne sont pas rémunérés, les enfants ne peuvent pas aller à l’école, les policiers n’ont pas de moyens pour travailler», a-t-il déclaré, alors que la marche a fait une halte devant les locaux de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA). Pierre Espérance a demandé à cette structure de jouer son rôle. Il a également demandé aux autorités d’assumer leurs responsabilités dans l’affaire PetroCaribe.

Pour sa part, Serge Jean-Louis, secrétaire général de MOPOD, a dit apporter son support à cette action de la société civile. «Le système est usé, il est dépassé et il ne peut plus donner de résultats. C’est pour cela que notre défunt camarade Turneb Delpé plaidait pour la conférence nationale souveraine. Nous allons continuer la lutte, car il faut une redistribution équitable des richesses du pays aux citoyens», a-t-il fait savoir.

La marche, démarrée au Champ de Mars, n’a pas drainé la grande foule. Les participants ont fait des arrêts devant le ministère de la Planification et de la Coopération externe, la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, et devant le Parlement. Ils ont tenté vainement de se rendre devant le Palais national. C’était sans compter sur l’imposant dispositif de sécurité déployé par la police anti-émeutes. Sur le parcours, certains manifestants ont lancé des propos hostiles au président Jovenel Moïse dont ils réclament le départ.

Questionné sur la faible participation, Édouard Paultre n’a pas caché son insatisfaction. «Nous ne sommes pas satisfaits. Nous aimerions qu’un million de citoyens descendent dans les rues. Nous aimerions qu’ils comprennent le message. Nous allons travailler là-dessus. (…) La population ne croit en rien. Par exemple, il devait y avoir des manifestations pour faire pression sur les autorités alors qu’ils sont en train de préparer le nouveau budget. Ils doivent exiger à l’État d’orienter ses dépenses vers des services à la population», a-t-il expliqué.

Pour sa part, avec plus de nuance, Gédéon Jean a tenté d’expliqué cette faible mobilisation. Selon lui, la marche de ce mardi est une marche d’échantillon en termes de parcours et en termes de qualité de participants. «Nous avons lancé un appel aux citoyens et les gens ont répondu. De ce fait, nous sommes satisfaits», a-t-il indiqué. Interrogé sur les manifestants qui ont réclamé la démission du chef de l’État alors qu’il a déclaré que la marche n’était pas politique, Gédéon Jean souligne que tout le monde dans toutes les catégories sociales ont le droit de revendiquer. «Ce sont des citoyens. Ils peuvent s’exprimer librement. On ne peut pas empêcher à la population d’exprimer ses revendications », juge-t-il.

Source: le nouvelliste

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