Le transport, le talon d’Achille de la commercialisation de la mangue en Haïti

Les services de transport et de logistique haïtiens sont de piètre qualité et de larges portions du territoire, surtout dans le milieu rural, sont toujours mal desservies. Il s’agit là d’une situation déplorable. Les producteurs de mangues se plaignent constamment de cela, et un rapport de la Banque mondiale intitulé « Des opportunités pour tous » a confirmé cet état de choses. 40 à 50% des fruits frais sont abîmés lors du transport, ce qui constitue un énorme manque à gagner pour les producteurs et les vendeurs de mangues.

De Terre-Neuve à Gros-Morne, les producteurs ont du mal à acheminer les mangues dans les usines d’exportation. L’usine la plus proche de ces zones se situe, selon ce que rapportent les producteurs rencontrés, à Pont-Sondé. Dans ces communes du département de l’Artibonite, les animaux constituent le principal moyen de transport. Dans ce cas, il s’agit d’un exercice très coûteux. D’aucuns affirment que le transport des champs aux centres de conditionnement est l’option la plus coûteuse. Ces routes de mauvaise qualité doublée de moyens de locomotion exécrables empirent la situation. Les producteurs, dans de telles situations, n’arrivent pas toujours à tirer profit de leur production. Ce produit qualifié d’or vert par plus d’un devient de plus en plus périssable. Ce qui oblige les exploitants agricoles à le concéder assez souvent aux coûts les plus bas.

Une partie importante de la production de mangue des deux communes susmentionnées est destinée à l’exportation. Ainsi, il faut doublement transporter le produit. Après l’acheminement dans les centres de collecte et de traitement, les mangues doivent être transportées dans des usines d’exportation situées à des dizaines de kilomètres. Les coûts de chargement et de déchargement d’un camion sont très élevés. Daniel Dorelus, le gérant de la coopérative de production et de commercialisation de la mangue Francisque de Gros-Morne, parle de 15 000 gourdes minimum par camion.

Selon une étude réalisée par le Système de financement et d’assurances agricoles en Haïti (SYFAAH), en période de pointe, les camions sont très rares. Ce qui explique que les fournisseurs de services se trouvent confrontés à des difficultés énormes pour transporter les mangues vers les usines avant que celles-ci ne se soient détériorées. Les mangues, souligne l’étude, sont triées à l’entrée des usines et les quantités minimales pour rentabiliser un transport par camion de 10 tonnes est d’environ 15 000 douzaines.

Producteurs, fournisseurs de services, cueilleurs, commerçants, transporteurs et manutentionnaires sont tous d’avis que la mauvaise qualité de transport a une incidence négative sur la production et les revenus générés par la filière. Cette situation freine l’élan des producteurs dans leur désir de s’investir à fond dans l’augmentation de la production de la mangue. Des accompagnements sont alors réclamés afin de transformer les produits qui ne répondent pas aux critères exigés par les exportateurs. Aux « élites » du pays de donner le ton.

Source: le nouvelliste

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