Les champs-écoles paysans pour maximiser le rendement agricole

L’expérience des champs-écoles paysans se fait en Haïti depuis plusieurs années. Il s’agit d’une pratique qui vise à cultiver deux parcelles d’expérimentation où l’on exploite côte-à-côte la même denrée suivant des techniques différentes. Le champ-école paysan est en fait un cadre d’apprentissage où un groupe structuré, composé de plusieurs producteurs, se rassemble régulièrement pendant une saison culturale pour apprendre à résoudre les problèmes relatifs à la gestion de leur milieu et leur exploitation, suivant un programme préalablement élaboré par eux-mêmes, avec l’accompagnement d’un facilitateur, utilisant des outils et des méthodes d’éducation non formelle des adultes.

Au final, il revient aux cultivateurs, regroupés autour d’un champ, de comparer le rendement de chacune des parcelles afin d’adopter la meilleure technique culturale. Le vœu des concepteurs est de contribuer à l’amélioration de la disponibilité alimentaire par l’augmentation de la productivité et des productions locales orientées vers les filières porteuses. Au niveau du département du Centre, la nouvelle technique donne de meilleurs résultats. Les agriculteurs faisant l’expérience s’y adaptent et promettent de faire la promotion de ces pratiques afin de maximiser le rendement agricole dans tout le département.

C’est le projet de Renforcement des services publics agricoles (RESEPAG) qui crée ces structures dans le département du Centre. Ce projet s’exécute dans la commune de Hinche aux niveaux de la 1re section Juanaria et les trois sections communales de Maïssade, à savoir Savane-Grande, Narang et Hatty. L’expérience se fait avec les denrées maraîchères, avec le haricot et plusieurs autres denrées. Dans tous les cas, les paysans se montrent élogieux à l’égard de la nouvelle technique.

L’aide du projet est crucials dans la mise en œuvre de ces structures. Certains groupes, en plus de répandre ces techniques, songent à pérenniser de telles structures. « Avec ces nouvelles connaissances, la terre devient plus rentable », a fait savoir Polonne Jean-Charles, l’une des facilitatrices du champ-école paysan, Fanm vanyan, de la première section Juanaria de Hinche. Elle en a profité pour réclamer une deuxième phase de ce projet afin d’attirer les jeunes à la culture de la terre.

Cette structure évolue dans la culture d’aubergine. Au fil du temps, cela devient un mode de vie pour les membres de cette école qui sont estimés à plus d’une vingtaine. Le rendement de la parcelle les oblige à produire encore plus. Chacune des membres du champ-école paysan s’engage à mettre en œuvre les nouvelles techniques culturales apprises dans leurs parcelles respectives.

Avec les champs-écoles, c’est la formation qui se donne dans des champs. Il s’agit d’une approche participative. Tout se planifie par un tuteur et se met en œuvre par l’ensemble des membres de l’école. Jean Verlaine, le président de champ-école tèt Kole de Maïssade, est ébloui par les résultats obtenus dans sa parcelle d’expérimentation de piments. À cause des maladies, il était difficile pour ces gens d’avoir de bon rendement. Avec le changement d’attitude, cette situation est révolue. Sur une parcelle de 2 200 mètres carrés, ce groupement de paysans a déjà effectué plusieurs récoltes dont les ventes cumulées, poursuit Verlaine, ont déjà atteint plus de 10 000 gourdes au cours des deux derniers mois.

Tout indique que les agriculteurs apprécient les retombées des nouvelles pratiques. Le projet appuie une cinquantaine d’écoles de ce genre dans les deux communes. Selon le coordonnateur national du RESEPAG, Yves-Hermann Augustin, l’objectif principal de ce projet est de renforcer le leadership du ministère de l’Agriculture dans le secteur agricole. Ainsi, les directions départementales et les bureaux agricoles communaux jouent un rôle important dans la mise en œuvre du projet.

Source: le nouvelliste

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