Les États-Unis découragent les citoyens américains de visiter Haïti

Une nouvelle fois, Haïti se trouve dans le radar du département d’État des États-Unis. Un solide réquisitoire vient d’être dressé contre la première République noire à cause de son taux de criminalité et de d’insécurité trop élevé.

Un rapport publié ce mercredi 28 mars épingle le niveau de défaillance du pays dans la gestion de la criminalité et de la sécurité des citoyens américains. C’est un document qui concerne de manière intrinsèque les touristes et les ressortissants américains qui se trouvent sur le territoire de Dessalines.

« Le Département d’État américain a évalué Port-au-Prince comme étant un lieu critique et menaçant qui affecte les intérêts officiels du gouvernement des États-Unis », lit-on dans ledit rapport.

L’institution étasunienne a soutenu l’équation algébrique classique : territoire + insécurité = baisse de tourisme. D’ailleurs, c’est tellement bien exprimé par eux dans la phrase qui suit : « Haïti est unique dans la Caraïbe pour son manque relatif de tourisme, sa rareté des investissements étrangers et ses infrastructures médiocres ».

Le département d’État toise les données qui sont produites dans le pays, évitant ses citoyens à s’en méfier. « Les statistiques de la criminalité en Haïti sont difficiles à vérifier, et elles devraient être considérées comme non corroborées lors de l’évaluation de la menace d’une activité criminelle ».

Une telle légèreté dans le traitement des données fragilise, selon le département, toute « comparaison de la menace de la criminalité en Haïti avec celle d’autres pays de la région ». « Les crimes traditionnels axés sur le tourisme (vol à la tire, vol à l’arraché) sont moins fréquemment signalés qu’ailleurs dans la région ».

Un climat de violence s’est installé dans le pays, suivant le rapport à la lettre, au lendemain du départ de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) en octobre 2017. Et, une fois de plus, les chauffeurs de taxi sont pointés du doigt comme les premiers agents meurtriers de la population.

Le rapport explique aux citoyens américains qu’ils doivent éviter à tout prix de fouler des endroits comme Belair, Carrefour, Fort National, Simon Pelé, Martissant et Grand Ravin. Ce sont des zones difficilement à contrôler par les forces de l’ordre, a-t-on compris. Les citoyens sont exhortés à ne pas faire usage des transports locaux ou publics dans le pays.

« De nombreux véhicules sont mal entretenus et manquent souvent d’équipement de travail (phares, freins fiables). Les petits camions qui sont convertis en autobus, sont la principale forme de transport en commun pour la plupart des Haïtiens. Ces véhicules sont souvent mal entretenus et provoquent frequemment des accidents et des vols ».

Ce rapport accablant du département d’État américain est publié huit jours après l’organisation d’un atelier de réflexion sur la Traite des personnes dans le pays, par l’Ambassade des États-Unis en Haïti.

Fait surprenant. Les Etats-Unis qui pointent le niveau d’insécurité est qualifié de « pays le plus meurtrier au monde ». En 2017, Gun Violence Archive.org a recensé 13,158 morts et près de 27,000 blessés par armes à feu dans le pays où quasiment une fusillade de masse a lieu chaque jour.

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