Les Taxis-Moto À Saint Marc, Un Véritable Casse-Tête Pour La Municipalité

Il est sept heures quarante-cinq du matin et la circulation est quasiment bloquée au niveau de la route nationale numéro 1 et dans plusieurs autres rues de la ville de Saint-Marc. Pas moyen de faire demi-tour, les motocyclettes bloquent tout le passage et leurs klaxons crient leur impatience face à l’agent routier qui essaie tant bien que mal de faire des manoeuvres de sorties.
 Un scénario qui se répète à différentes heures de la journée. Les accidents se multiplient de plus en plus; souvent des morts s’en suivent. Pour cause : les taxis motos ont augmenté en quantité ces deux dernières années et continuent d’augmenter sous le regard indifférent des autorités locales.

 Si les motocyclettes représentent une alternative face au chômage pour les chauffeurs qui viennent de toutes les sections communales, remplir la ville de Saint-Marc et faciliter le transport, ils constituent aussi un danger réel vu l’embouteillage constant et les accidents fréquents enregistrés.

 L’absence d’une réelle politique d’aménagement urbain, de normes adaptées en matière de circulation et de transport public, encourage ce développement anarchique de stations de taxis motos qui fleurissent un peu partout dans la ville de Saint Marc et qui font beaucoup plus de mal que de bien à la population.

La majorité de personnes interrogées sur la question n’a pas hésité à pointer du doigt les responsables de la mairie de Saint-Marc. Car pour ces citoyens et citoyennes, il est du ressort des autorités locales de prendre des décisions nécessaires aujourd’hui avant que le problème ne se complique davantage.

Et que dire des chauffeurs de taxi qui se plaignent des policiers qui ne pensent qu’à saisir des motos comme leur part du gain; de l’ obligation faite aux chauffeurs de transport public de payer à chaque voyage un ticket de trentecinq gourdes comme frais pour échapper aux petits emmerdements d’agents toujours en embuscade à la sortie sud de la ville. Une situation de « petite corruption » qui ne peut nullement contribuer à une meilleure organisation du transport en commun et de la circulation dans la deuxième ville du département de l’Artibonite, selon les citoyens interrogés.

 Rappelons que les taxis motos ont fait leur entrée à Saint-Marc dans les années 2000 avec une dizaine de chauffeurs. Ce phénomène a connu, depuis, une augmentation spectaculaire avec l’importation massive des motocyclettes chinoises en 2006. Aujourd’hui, la ville à elle seule compte plus d’un millier de chauffeurs et une douzaine de boutiques vendant des motocyclettes.

 François Nedjé Jacques

Vous aimerez sûrement aussi Plus de cet auteur