L’ex-directeur général de la PNH, Godson Orélus, écroué

Invité vendredi par le juge d’instruction Luméran Dieunel pour une audition dans la juridiction de Saint-Marc dans le cadre d’une saisie d’armes à feu en septembre 2016, l’ancien directeur général de la police nationale, Godson Orélus, a été mis en état et gardé à vue dans la prison civile de Saint-Marc à l’issue de l’audition. L’avocat de l’ancien officier de police, Me Eugène Pierre-Louis, a entrepris une action en mainlevée d’écrou et dénonce le caractère arbitraire de la décision du juge.

Le juge d’instruction du tribunal de première instance de Saint-Marc reproche à l’ancien chef de la Police nationale d’Haïti (PNH), Godson Orélus, d’avoir autorisé l’achat d’armes à feu à une compagnie de sécurité fictive, a appris Le Nouvelliste.

Dans le mandat de dépôt du juge dont Le Nouvelliste a eu copie nous lisons : « Nous Me LUMERAN Dieunel, juge et juge d’Instruction au tribunal de première instance de Saint-Marc, demandons et ordonnons à tous les huissiers ou agents de la force publique de conduire, déposer et écrouer à la prison civile de Saint-Marc le nommé GODSON ORÉLUS demeurant et domicilié à Pétion-Ville, Juvénat 07#105, Port-au-Prince, identifié au numéro de sa carte 05-01-99-1968-09-00094 inculpé de complicité de crime transnationale, trafic illicite d’armes à feu, de munitions et d’association de malfaiteurs, lesquels faits sont prévus et punis par le Code pénal haïtien en ses articles 44, 45, 224 et le décret du 18 avril 2005 ratifiant la Convention interaméricaine contre la fabrication et le trafic illicite d’armes à feu, de munitions, d’explosifs et d’autres matériels connexes. Ordonnons au commandant de ladite prison de le recevoir et le détenir jusqu’à nouvel ordre. En conséquence, mandons et ordonnons à tous huissiers et agents de la force publique sur ce requis de mettre le présent mandat à exécution, aux Commissaires du gouvernement près les tribunaux de première instance d’y tenir la main, à tous commandants et autres officiers de la force publique d’y prêter main-forte lorsqu’ils seront légalement requis.

Fait en la chambre d’instruction criminelle du tribunal de première instance de Saint-Marc, le vendredi vingt-six octobre deux mille dix-huit. Me LUMERA Dieunel juge et juge d’instruction. »

Selon l’avocat de l’ancien directeur général de la police nationale, Me Eugène Pierre-Louis joint par téléphone vendredi soir par Le Nouvelliste, l’ancien directeur général de la PNH a été invité à titre de témoin dans le cadre d’une instruction du juge Luméran Dieunel qui enquête sur la compagnie de sécurité Global Dynasty Corp S.A. Le juge, a-t-il dit, a voulu vérifier si effectivement l’ancien chef de la police avait donné l’autorisation d’achat d’armes à feu à cette compagnie et quel type d’autorisation il avait donné.

Selon Me Pierre-Louis, la compagnie Global Dynasty Corp S.A a l’autorisation de fonctionnement du ministère de l’Intérieur et est enregistrée dans Le Moniteur. Godson Orélus avait effectivement octroyé un permis d’achat d’armes à feu à l’étranger à cette compagnie, a confirmé l’avocat. Toutefois, il a souligné que le juge n’a jamais auditionné son client sur la saisie d’armes à feu à Saint-Marc.

Après l’audition, Me Eugène Pierre-Louis était surpris de constater l’irruption de deux agents dans la salle qui ont menotté l’ancien directeur général de la police nationale. « J’ai demandé au juge ce qui se passait, il m’a fait savoir qu’il recevait des pressions de la part des ambassades dans ce dossier… », a dénoncé l’avocat de Godson Orélus.

« Nous sommes en face d’un cas d’abus d’autorité caractérisé. Le directeur général n’a jamais été inculpé, il a été invité à titre de témoin. Il n’a rien à voir dans l’achat d’armes, le juge n’a jamais non plus présenté aucune arme ni ne lui a jamais demandé s’il avait autorisé l’achat des armes …», a tancé l’avocat.

« J’ai déposé une requête en mainlevée d’écrou pour obtenir la libération de mon client qui est un ancien haut cadre de l’État, il a la garantie de représentation et en vertu de la présomption d’innocence… », a avancé Me Eugène Pierre-Louis.

Cependant, Godson Orélus risque de passer tout le week-end en prison puisque son avocat n’a pas eu le temps de remettre au juge la requête en mainlevée d’écrou à temps. Le 2 novembre 2017, Godson Orélus a déjà répondu aux questions du juge d’instruction.

Le jeudi 8 septembre 2017, au parking de la douane de St-Marc, la fouille d’un camion chargé d’objets usagés « pèpè » en provenance de Miami a permis aux autorités de découvrir une quantité importante d’armes, de munitions et d’autres équipements militaires. L’importateur est Charles Durand.

La marchandise venait de Miami. Le procès-verbal de constat dressé par la justice faisait état de la saisie de 150 fusils de calibre 12 ; 9 fusils de calibre 12 double canon ; 5 fusils M 4 ; 15 paires de menottes ; 10 paires de bottes ; 50 caisses de 50 unités de cartouches de calibre 38 ; 4 caisses de 1000 unités de cartouches 9 mm ; 10 caisses de 250 unités de cartouches de calibre 12 ; 7 étuis ; 50 boîtes de 50 cartouches 380 ; 2 boîtes de 250 cartouches 12 ; 7 chargeurs calibre 556 millimètres ;1 chargeur M14 ; 12 uniformes ( pantalon bleu, chemise noire) ; 5 gilets tactiques ; 1 pistolet Glock 9 mm BCB2761 et un chargeur sont parmi les objets trouvés.

Klétex Laguerre et Nomy Saul Bata sont les deux individus épinglés par les forces de l’ordre pour leur implication dans l’affaire de cargaison d’armes saisies au port de la ville de Saint-Marc (bas Artibonite), a informé l’inspecteur de police Gary Desrosiers le mercredi 12 octobre 2017, il était porte-parole adjoint de la police à cette époque.

Toujours dans le cadre de cette affaire, un avis de recherche avait été lancé à l’encontre des nommés : Durand Charles, l’expéditeur de la cargaison en question, Jimmy Joseph, son propriétaire, Sandra Thélusma, ayant servi d’intermédiaire et accusée de trafic d’influence.

 

Source: le nouvelliste

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