Pédophilie : le pape sous pression pour annoncer des mesures concrètes

Déstabilisé par une enquête sur des sévices sexuels qu’ont fait subir des membres du clergé à un millier d’enfants aux Etats-Unis, le pape François a reconnu que l’Eglise avait « abandonné les petits » dans une lettre inédite aux catholiques, mais reste sous pression pour changer radicalement la donne dans les diocèses.

L’archevêque de Dublin, Mgr Diarmuid Martin, qui accueillera samedi le pape François en Irlande, un autre pays où les abus de pouvoir de l’Eglise ont laissé de profondes blessures, juge cette commission trop petite pour être efficace.

Une enquête du procureur de Pennsylvanie a mis au jour la semaine dernière des abus sexuels perpétrés par plus de 300 « prêtres prédateurs » sur au moins mille enfants.

Un nouveau coup porté au pape François, critiqué pour sa lenteur à agir et sa réticence à prendre ses distances vis-à-vis de certains cardinaux soupçonnés d’omerta.

En 2010, le pape Benoît XVI avait reconnu la responsabilité de l’Eglise dans les abus commis en Irlande, via une lettre aux fidèles.

– Appels à légiférer –

« Dans cette grande mer de l’opinion publique, l’idée commence à avancer que les mea culpa, les déclarations et les rencontres avec les victimes ne suffisent plus », estime Marco Politi, un expert italien du Vatican.

« Le pape pourrait obliger les conférences épiscopales à envoyer aux autorités judiciaires les signalements d’abus reçus », dit à l’AFP Emiliano Fittipaldi, auteur de plusieurs livres d’enquête critiques sur l’Eglise, considérant lui aussi que « les excuses ne suffisent plus ».

D’après le blog vaticaniste « Il Sismografo », le pape pourrait très prochainement faire publier un document de procédures très spécifiques à l’intention des évêques. Le Vatican ne confirme cependant pas cette information.

Mais l’obligation de dénonciation à la justice civile par la hiérarchie n’est effectivement pas inscrite dans le droit de l’Eglise. En dehors des cas où la loi du pays l’impose, certains épiscopats ne veulent pas en entendre parler.

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