Plateau central : le secteur agricole à genoux

Les rafales de vent qui ont frappé le département du Centre la semaine dernière ont occasionné de nombreux dégâts dans le secteur agricole et mis à genoux une population qui faisait déjà face à des conditions de vie plus que précaires. Les plantations de maïs et les bananeraies sont détruites, ou particulièrement saccagées par les rafales et par les eaux de pluie qui ont dévalé les pentes de la berge de la rivière Samana de la localité du même nom. 

Plusieurs hectares de terres agricoles, dont les bananeraies, sont dévastés affectant environ 100 petits et grands planteurs de la zone. Les principales zones affectées par les rafales qui ont frappé la troisième section communale d’Aguahedionde Rive Droite n’ont pas encore bénéficié de visite ou de projets de relèvement des autorités locales du Ministère de l’Agriculture des Ressources naturelles et du Développement rural ( MARNDR ) dans le cadre de la Caravane du changement du président Jovenel Moïse, lancée depuis le premier mai de l’année en cours. Les paysans de plusieurs localités du département du Centre sont livrés à eux-mêmes. Pour la plupart, issus des régions rurales, ces paysans ne font que constater la détérioration de leurs conditions de vie.

 « Si rien n’est fait, les paysans abandonneront la terre», a déclaré l’ingénieur-agronome Bodler Louis, cadre local du MARNDR et entrepreneur agricole. Le gouvernement doit penser aux aléas climatiques pour changer la donne. L’état lamentable de notre environnement réclame des investissements à long terme dans la protection des bassins versants et des berges. 

Sinon, les paysans abandonneront la terre, leur seul bien. Pour Marcel Jean-Baptiste, un agriculteur rencontré à La Belle-Onde, localité dépendant de la quatrième section communale Aguahédionde Rive Gauche, la « Caravane du changement du président Jovenel Moïse se résume en un simple curage des canaux dans le département de l’Artibonite ou un show médiatique». 

« Une tentative de masquer la réalité», dénonce le paysan. L’État, fait remarquer le Hinchois, se transforme en ONG, mais avec moins d’efficacité. Les ONG atteignent au moins leur objectif», a-t-il expliqué. Les vrais problèmes de l’environnement sont oubliés au grand dam du président lors du lancement de la Caravane du changement dans le département de l’Artibonite », a déclaré Camille Chalmers dans une interview accordée au journal à Hinche, soulignant dans cette façon de faire une incapacité frappante des membres de l’exécutif à résoudre les problèmes réels de la nation tels que l’environnement, le curage des rivières, la conservation du sol, de réparation et la construction d’infrastructures… 

Toutefois, les 100 millions de gourdes décaissées dans le cadre de la Caravane du changement du président, ne sont pas dépensés dans de vains projets, a fait savoir la déléguée du département du Centre pour tenter de calmer le jeu. Ce qui porte à croire que les activités de la caravane vont bon train. Malgré tout, le député de Mirebalais, Abel Descollines, demande des explications sur l’origine des cent millions décaissés pour la Caravane du changement et autres projets d’accaparement des terres à Maïssade.

 « Ce sont des gens qui croient dans le gaspillage et l’esprit clanique. Y a-t-il d’autres réseaux qui financent le gouvernement à part le budget national? », se demande le représentant de Mirebalais, invité à prononcer un discours devant la presse et des jeunes universitaires à Hinche, dans lequel il souligne l’impact de ce fléau (gaspillage ) sur l’économie nationale, particulièrement sur l’économie paysanne dans le Plateau central.
Source: le nouvelliste 

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