Pour mettre Haïti sur les rails du développement, Jovenel Moïse cherche environ 2.8 milliards de dollars

C’est d’abord dans les infrastructures routières que le chef de l’Etat haïtien veut injecter plus d’argent. « Pour interconnecter et rénover les 146 communes d’Haïti et améliorer certains tronçons de routes dans les sections communales, 800 000 000 de dollars sont nécessaires », a-t-il fait savoir à la tribune de l’ONU.

Ensuite, l’agriculture. « La République d’Haïti a près d’un million d’hectares de terres cultivables dont la moitié peut être irriguée sans grande difficulté. Malheureusement seulement 5% de cette superficie sont irriguées, pour viabiliser 450 000 hectares additionnelles, 675 000 000 de dollars sont nécessaires », a estimé Jovenel Moïse.

« S’agissant de l’éducation, 15 000 salles de classe sont nécessaires pour permettre aux 500 000 enfants qui ne fréquentent pas encore l’école d’avoir accès à une bonne éducation de base. Environ 450 millions de dollars sont nécessaires à la construction de ces salles de classe », a avancé le chef de l’État à la tribune de l’ONU.

L’autre secteur qui lui tient à cœur et pour lequel il ne fixe plus de délai est l’électricité. « Pour construire un réseau de transmission, de distribution électrique et numérique convenable sur les 27 750 km2, environ quatre cent millions de dollars sont nécessaires », a-t-il ajouté.

« Pour que l’eau courante soit disponible dans les robinets des ménages de toutes les communes d’Haïti, seulement deux cent vingt millions m3 sont nécessaires chaque année. Pourtant quarante milliards de m3 d’eau de surface sont déversés à la mer chaque année. Avec environ 400 000 000 de dollars nous pouvons traiter les deux cent vingt mille m3 nécessaires pour desservir toutes les communes d’Haïti », selon les estimations du chef de l’État.

Selon Jovenel Moïse, Haïti a besoin d’une production de cinquante millions de plantules d’arbres fruitiers et forestiers chaque année pour reboiser le pays. La construction de quatorze centres de germoplasme et de propagation végétale pouvant produire soixante-trois millions de plantules chaque année coûterait environ trente-cinq millions de dollars, a-t-il souligné.

Enfin, le chef de l’État a fait savoir à la communauté internationale que 122 centres de santé sont nécessaires pour combler le déficit du pays au niveau des sections communales. Pour ce faire, a-t-il affirmé, vingt millions de dollars sont nécessaires. « J’en profite aussi pour interpeller la communauté internationale sur l’obligation de mobiliser les ressources pour éliminer le choléra introduit par la MINUSTAH en Haïti et pour compenser les victimes », a-t-il réclamé.

Ce qui porte à 2 milliards 780 millions de dollars l’argent nécessaire pour développer ces différents secteurs.

« Du haut de cette tribune, je voudrais dire à nos partenaires techniques et financiers que nous devons, ensemble, nous armer du courage nécessaire pour repenser l’aide publique au développement en faveur d’Haïti et des autres pays en situation similaire, tout en ayant pour boussole la déclaration de Paris de 2005 sur l’efficacité de l’aide publique au développement et le programme d’Accra de 2008 », a appelé le chef de l’État haïtien.

Selon lui, avec les maigres ressources financières de la République d’Haïti, « nous avons commencé à mettre le pays en chantier. Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin de cette synergie pour construire l’avenir de notre pays. Nous sommes condamnés à travailler ensemble, tout en respectant scrupuleusement les priorités d’Haïti ».

Jovenel Moïse a souligné que la paix, le développement et la sécurité vont de pair. « À cette croisée des chemins, je lance un appel pressant à nos partenaires de la communauté internationale pour la poursuite d’une solidarité active avec le peuple haïtien dans le cadre d’un programme d’aide renouvelé, cohérent, substantiel, car il sera aligné sur les priorités nationales et mis en œuvre en étroite collaboration avec les institutions nationales et le secteur privé des affaires, mieux adapté aux réalités du terrain. Ce changement de paradigme renforcera sensiblement l’effort national et contribuera à l’atteinte des objectifs de développement durable que nous nous sommes fixés. En premier lieu, et l’élimination de la pauvreté à l’horizon 2030 », a expliqué le président Moïse dans l’espoir de convaincre les bailleurs de fonds.

Alors que le chef de l’État demande à la communauté internationale de financer le développement en Haïti, la population haïtienne multiplie les manifestations en Haïti comme à l’étranger pour exiger des comptes sur l’utilisation de plusieurs milliards de dollars dans le cadre du programme PetroCaribe. Plus d’un estime que les autorités haïtiennes devraient d’abord rendre des comptes sur l’utilisation de ce fonds avant de demander aux bailleurs internationaux de renflouer les caisses du pays.

 

Source:le nouvelliste

Vous aimerez sûrement aussi Plus de cet auteur