Pour une plus grande participation des femmes aux recrutements de la PNH

L’ONU femmes, de concert avec la Mission des Nations unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH), le ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes, et la Police nationale d’Haïti (PNH), a lancé le projet de renforcement des capacités de la PNH à mettre en place des mécanismes de recrutement sensible au genre, le vendredi 3 août, à l’académie de police. Lancé en septembre 2017, ce projet consiste à promouvoir une plus grande participation de femmes au processus de recrutement de la PNH.

Alors que la population haïtienne dispose de 52% de femmes, la Police nationale d’Haïti n’a qu’un effectif de moins de 10% de femmes. Dans le cadre de la réalisation de ce projet, la représentante de l’ONU femmes, Dédé EKoue, dit voir une étape importante dans la nouvelle vision d’une police nationale plus inclusive et représentative.

Au-delà des séances de sensibilisation visant à rendre la fonction des policiers et des policières attractive, ce projet entend intervenir sur les causes profondes de la sous-représentation des femmes dans les rangs de la PNH. D’après Mme Ekoue, «le renforcement des capacités de la PNH, qui va mettre en place des mécanismes de recrutement sensible au genre», est un projet inovateur, catalyseur d’inclusion sociale et accélérateur de réalisation de réforme.

Avec la présence limitée des femmes au sein de la PNH, le commandant de la composante police de la MINUJUSTH, George Pierre Monchotte, estime que la prise en compte du genre et la dépolitisation de la police constituent de nouveaux défis à relever pour l’institution policière. Ce projet, à travers ses aspects pluridimensionnels, ajoute-t-il, projette de mettre sur pied des activités permettant de présenter les métiers de sécurité, de montrer les capacités de la PNH à la population et créer une classe préparatoire au profit des jeunes issus des quartiers marginalisés.

Vantant les progrès réalisés dans la lutte pour l’émancipation de la femme en Haïti, la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Eunide Innocent, a expliqué que les plaidoyers de l’institution ont conduit à la création, en 2003, de la concertation nationale contre les violences faites aux femmes et aux filles, l’entrée en vigueur du décret du 6 juillet 2005 sur les agressions sexuelles, la signature d’un protocole d’accord entre le ministère à la Condition féminine, le ministère de la Justice et de la Sécurité publique et le ministère de la Santé publique et de la Population sur l’octroi de gratuité du certificat médical lié à l’agression sexuelle.

Par ailleurs, le directeur général de la police nationale, Michel-Ange Gédéon, affirme que son administration accorde une grande importance à la cause des femmes. L’une des causes du problème de genre en Haïti résulte des textes normatifs et de la nonchalance de certains acteurs. En remerciant les partenaires qui ont contribué à la réalisation de ce projet, Michel-Ange Gédéon précise que la direction de la PNH continue d’accorder une attention particulière aux femmes policières.

Source: le nouvelliste

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