Pourquoi la ratification de Jean Henry Céant traîne-t-elle ?

Le processus devant amener à l’aprobation de la politique générale du Premier ministre nommé a débuté il y a un mois. Mais Jean Henry Céant n’est toujours pas encore invité au Sénat de la République, là où il a d’abord déposé ses documents, pour y faire l’exposé de sa politique générale, histoire de bénéficier ou non de l’assentiment de l’assemblée des sénateurs.

Il y a quelque chose qui coince. Le sénateur Ronald Larèche, qui se dit prêt à accorder son vote à Jean Henry Céant, indique que le blocage est plutôt du côté du Palais national. « Nous devons analyser sans distinction les dossiers de tous les membres du cabinet ministériel », soutient le parlementaire, croyant que la sortie de Guichard Doré, conseiller spécial du chef de l’État, n’a pas aidé à arranger les choses.

Le sénateur Onondieu Louis, lui, y va plus loin. Il croit que le président de la République est mal conseillé, avant d’asséner le coup de massue : « 80% de ses conseillers sont des cons ! ». Le questeur du Sénat s’aligne sur la position de son collègue du Nord-Est. « Notre rapport est prêt. Nous attendons la liste des ministres », ajoute-t-il, soulignant disposer déjà de son exemplaire de l’énoncé de politique générale du Premier ministre nommé.

À la vérité, dans l’histoire parlementaire contemporaine, les parlementaires n’ont pas toujours exigé d’analyser les dossiers de tous les ministres avant de voter la politique générale du Premier ministre. Ils s’appliquent, comme un proche du président du Sénat l’a justement souligné au Nouvelliste, à fermer les portes du cabinet à des personnes inéligibles. Le précédent est que cela a été fait lors du dernier remaniement et que les élus jurent de leurs dieux d’éviter sa répétition.

Autre chose à souligner : il y a des ministres dont la reconduction serait de nature à horripiler les sages, comme on les appelle. Un sénateur, qui n’est ni de l’opposition ni un pro Tèt kale, s’étrangle à l’idée de voir débarquer au bord de mer des anciens ministres d’un gouvernement poussé à la démission après les émeutes des 6, 7 et 8 juillet dernier. « Cela ne passera pas. Il nous faut un gouvernement tout neuf ! »

Il faut dire que le président du Sénat, Joseph Lambert, a donné le ton lundi sur ce qui devrait être fait avant d’inviter le Premier ministre nommé au Sénat. Sur cette question, les sénateurs parlent presque tous le même langage. Mais un langage différent de celui du Palais national qui ne veut pas l’entendre de cette oreille. Dans l’intervalle, Jean Henry Céant a déposé lundi l’énoncé de sa politique générale au grand Corps dans l’espoir d’ouvrir les portes de la Primature…

 

Source: le nouvelliste

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