Réédition du manuel d’Histoire d’Haïti de Dr Jean-Chrysostome Dorsainvil

En vue de faire revivre une mémoire collective défaillante, une nouvelle édition du « Manuel d’histoire d’Haïti » du Dr Jean-Chrysostome Dorsainvil a été réalisée cette année avec la collaboration des Frères de l’instruction chrétienne (FIC). La première édition de ce manuel, mieux connu autrefois sous le titre de « petit J.-C. », paraissait en 1924 dans un contexte particulier marqué, entre autres, par l’occupation américaine et un climat de désespoir. Elle a été approuvée par le Conseil de l’Instruction publique d’Haïti le 29 mars 1924. La nouvelle édition respecte la même chronologie mais est enrichie d’annexes et d’une documentation iconographique. Cet ouvrage d’histoire d’Haïti est divisé en deux tomes, le premier couvre les périodes allant de 1492 à 1915 et porte la signature du Dr Jean-Chrysostome Dorsainvil.

Ce premier tome d’Histoire d’Haïti est divisé en sept livres et subdivisé en 31 chapitres. Le premier livre traite de la période espagnole et comprend trois chapitres. « Il y avait en Haïti, au moment de sa découverte par Christophe Colomb, un million d’Arawaks environ. Cinquante ans plus tard, il en restait seulement quelques centaines. Colomb avait rêvé de donner au Christ de nouveaux royaumes : ses cupides compagnons achevaient d’exterminer un peuple et une civilisation dont nous retrouvons aujourd’hui à peine quelques vestiges sur notre sol. » L’auteur résume l’influence de la découverte sur l’Espagne en deux mots : prospérité et décadence.

Le livre II porte sur la période française jusqu’en 1789. Il est constitué de deux chapitres. Suivant ce manuel, c’est en 1625 que quelques aventuriers français s’établirent à l’île de La Tortue et sur la côte du Nord-Ouest à Port-Magot. Ils formèrent deux groupes : les boucaniers et les flibustiers. Le traité de Ryswick en 1697 par lequel l’Espagne céda à la France le tiers occidental d’Hispaniola, l’organisation de Saint-Domingue, la vie dans la colonie, les classes d’hommes. « Malgré la haine profonde qui divisait les trois classes d’hommes de la colonie : blancs, mulâtres et noirs, les premiers, qui disposaient de la force, maintinrent Saint-Domingue en paix jusqu’à la Révolution française de 1789.

La période française révolutionnaire constitue encore la toile de fond du livre III. Celui-ci comprend cinq chapitres et s’éternise sur la période allant de 1789 à 1791. Dans le premier chapitre du livre III, l’auteur raconte les événements qui se produisirent en France. « 1789 est une date particulièrement mémorable de l’histoire de la France. Elle marque le début d’une révolution qui a substitué à l’ancienne société, basée sur l’inégalité, une autre société qui ne veut avoir pour fondement que l’égalité stricte. »

1791-1802. Le livre IV titré La période française révolutionnaire contient les événements passés durant cette époque qui est marquée par le personnage emblématique Toussaint Louverture. « Étape par étape, avec une ténacité extraordinaire, par une politique habile, mais parfois peu scrupuleuse dans le choix des moyens, d’autant plus audacieux qu’il se sent plus maître du théâtre sur lequel il évolue, Toussaint Louverture est devenu le chef incontesté de toute l’île d’Haïti.» Le traité de Bâle, l’affaire Villatte, le siège de la Crête-à-Pierrot, la Constitution de 1801, l’expédition de Leclerc, la mort de Toussaint Louverture sont autant de faits rapportés dans le livre IV.

« La guerre de l’indépendance » est le titre du livre V qui est composé de deux chapitres. Dans ce manuel, l’auteur remonte au début de la guerre de l’indépendance. Il souligne l’unité de commandement dans l’insurrection avec Dessalines et Pétion, la guerre entre la France et l’Angleterre, le congrès de l’Arcahaie, le siège de Port-au-Prince, la campagne de Dessalines dans le Nord, le plan de Dessalines contre le Cap-Haïtien, etc.

Les Livres VI et VII portent sur la période haïtienne (1804-1847) et (1847-1915). La proclamation de l’indépendance, la défense du terroir, l’organisation du pays, les conspirations et la mort de Dessalines, la scission, la royauté Henry 1er et la République du président Pétion, la présidence de Boyer et la succession des présidents éphémères au pouvoir font l’objet du livre VI qui comprend 8 chapitres. « Jurons de combattre jusqu’au dernier soupir pour l’indépendance de notre pays », s’écria Dessalines le 1er janvier 1804. Le livre VII s’ouvre avec l’élection du successeur de Riché et la présidence de Soulouque. Il présente les différents hommes qui se succédèrent au pouvoir de 1847 à 1915. « Le 27 juillet 1915, le palais national est attaqué de très bonne heure par les révolutionnaires. Le général Oscar Étienne fit massacrer les prisonniers politiques. La population tua ce dernier et brûla son cadavre en pleine rue. Le lendemain, le président Vilbrun Guillaume Sam, accusé d’avoir ordonné le massacre, fut arraché par la population à la délégation de France où il se refugia et trouva la mort. Dans l’après-midi de 28 juillet, les Américains débarquèrent dans la rade de Port-au-Prince.

 Source: le nouvelliste

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