Un comité national pour relancer la filière de la canne à sucre

À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, plusieurs représentants d’associations de professionnels de la canne à sucre se sont réunis, le 5 juin 2018, à Fanny Villa, en vue de présenter les moyens pour relancer cette filière. Réunis à l’initiative du « Mouvman peyizan Papaye (MPP) », qui a organisé en juin 2016 et avril 2018 un colloque sur l’état des lieux du secteur, les défenseurs de la production de la canne en ont profité pour présenter un cahier des charges visant à inciter les autorités gouvernementales à prendre les mesures nécessaires pour redorer le blason de cette filière.

Au cours de cette rencontre, les producteurs, venus de six communes productrices, ont discuté de la problématique de la production. D’une seule voix, les représentants de Léogâne, Mirebalais, Maïssade, Thomonde, Pignon et Saint-Michel de l’Attalaye ont reconnu le déclin vertigineux de ce secteur. Partout, les problèmes sont tous les mêmes. Les fers de lance des associations, disent-ils, regrettent que l’État haïtien n’ait coordonné des actions concrètes pour valoriser ce secteur.

Pourtant, la culture de la canne à sucre, se ressasse Chavannes Jean- Baptiste, directeur du MPP, a joué un grand rôle dans l’économie du pays, même après l’indépendance. Selon lui, cette décadence s’explique par le départ de grandes usines de transformation de canne à sucre entre les années 1980 et 2000. De plus, a-t-il souligné, les cultivateurs utilisent de nos jours les mêmes outils rudimentaires utilisés à l’époque coloniale. L’extension de l’alcool frelaté, dit éthanol, sur le marché local constitue également une cause majeure de cette dégénérescence. La vente du clairin a donc complètement diminué.

D’un autre cran, l’État haïtien n’a effectué aucun investissement dans ce champ. Les variétés de canne à sucre locale sont en voie de disparition.

Dans les régions rurales, il n’existe presque pas de banque agricole pour ce secteur. Entre autres causes, les constructions anarchiques ont malencontreusement diminué l’ensemble des terres cultivables, notamment à la plaine du Cul-de-Sac et à Léogâne.

Pour remédier à ces problèmes, un comité est créé aux fins de faciliter le dialogue entre les autorités concernées et les professionnels de la filière. Ce comité national de défense et de protection de la filière de la canne à sucre a pour tâche d’acheminer aux principales institutions étatiques le cahier de doléances et de mener les plaidoyers relatifs à la relance de la production de la canne.

Ce document, a indiqué Edgard Bommier, secrétaire du « Mouvman kiltivatè ak distilatè Leyogàn (MKDL) et coordonnateur dudit comité, tend à exiger aux instances décisionnelles un accompagnement technique et économique. Cet accompagnement, a-t-il expliqué, consiste à mettre au profit des planteurs une banque agricole, des intrants de qualité et des engins lourds capables de labourer les fermes. La redynamisation des usines sucrières, susceptibles de produire du sucre complet avec la canne et la protection des espaces destinés à la culture de la terre.

Malgré la décrépitude de ce secteur, l’on avait dénombré, à Saint-Michel de l’Attalaye, plus de trois cents guildives qui transforment la canne. Tout laisse croire que cette filière continue de générer d’importants revenus dans le pays. De nombreux paysans souhaitent la relance de la filière de la canne et enjoignent l’État de les aider.

Source: le nouvelliste

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