Un T-Vice « San limit » face à Djakout # 1

Qui sortira gagnant de ce énième duel ? Que nous réservera ce tandem de la polémique la plus animée du HMI de ces 25 dernières années ? Comment les adversaires vont-ils aborder la partie ? Les mélomanes du compas direct se sont sans doute posé ces questions depuis l’annonce de cette soirée. Et, à en juger par l’embouteillage régnant aux alentours de El Rancho, les fans veulent sans doute trouver des réponses à ces interrogations. De fait, dans la cour de l’hôtel, ce mercredi 26 décembre 2018, ils sont nombreux à attendre le lancement du battle qui tarde encore. Impatients, certains trouvent refuge sur un pan de mur près de la scène à l’entrée ou sur les chaises disponibles à l’occasion.

Minuit 18. Les lumières s’éteignent sur le podium et s’allument sur des musiciens de Djakout #1 qui font enfin leur entrée en lice. Les hourras de leurs fans expriment le soulagement des party people las d’avoir poireauté pendant trop longtemps. Arborant des kimonos blancs, des mouvements de karaté exécutés à maintes reprises, l’autoproclamé « Djaz peyi a » se dit prêt à infliger le coup de grâce à T-Vice. « M santi m g on fòs », lâche Pouchon Duverger avant d’entonner les notes de « Biznis pa m ». « Manigeta », « Créature divine », « La familia »… Ce soir, les coéquipiers de Shabba misent sur leurs armes les plus destructrices pour mettre K.O. l’adversaire. Évidemment, ils sortent aussi « Habitude », « Bag la », « Le gardien » et « Nou pa egare ».

T-Vice, quant à lui, commence sa prestation dans le noir, avec des danseuses vêtues d’habits phosphorescents, après un énorme temps mort (environ 1 heure). Roberto, quelques instants plus tard, juché sur une grue, entonne plusieurs titres à succès compilés en un medley. Téléphone en main, les yeux rivés vers le haut, le public immortalise ce moment. Bonne entrée en matière des poulains de Jessie Al-Khal qui ont tant à prouver au cours de cette soirée. Visiblement paniqué à un d’être ainsi suspendu pendant près de 5 minutes, l’aîné des frères Martino insiste pour qu’on le dépose par terre.

Une fois le chanteur descendu, l’équipe des « Mèt beton », prête pour un bon match de clasico, jeans et t-shirt noir rehaussés d’une veste étincelante, n’ont qu’à appliquer la tactique élaborée à l’entraînement. Sous les yeux de maman et papa Martino, ils jouent la carte de l’ancienneté qu’ils agrémentent de quelques séquences de « Onana » et de « Madada », avant d’interpréter « Moving on » (tantôt parodiée par l’adversaire) et « San limit ». Quand ils veulent poursuivre avec leur morceau de prédilection, « Elikoptè a », une panne de courant survient brusquement sur la scène, les forçant à mettre fin à la soirée, avec moins d’une heure de performance.

On ignore ce qui s’est réellement passé, mais T-Vice a mieux marqué l’assistance que Djakout #1, qui, disposant des hits plus récents que son rival, a minimisé les capacités de son adversaire. Les Vice2K ont fait mieux en si peu de temps ! Ils ont dans l’ensemble, délivré un show beaucoup mieux potable et mieux calculé que l’équipe adverse qui n’avait pas aussi bien préparé sa performance.

La motivation et l’envie de vaincre n’auront pas suffi à l’équipe de Roro. La venue du maestro Tony Jean-Baptiste (muni de son violon), la manifestation simulée, la clôture avec une bande à pied, le retour de Ti Régi non plus. Absent du groupe depuis trop longtemps, cette cohésion entre ses anciens partenaires et lui n’est plus aussi immédiate. D’autre part, si après le départ de Steve Khé, Polo interprétait parfaitement ses anciens morceaux, pour ce face à face, celui-ci n’a pas été à la hauteur. Il a plutôt joué au comédien qu’au chanteur. Djakout #1 a joué certes, cependant, vu la capacité du groupe à galvaniser les foules, il aurait pu faire mieux face à un T-Vice qui a du plomb dans l’aile depuis un certain temps.

 

Source: le nouvelliste

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