Yves Jean-Bart appelle au secours pour sauver les Grenadières

Nombreux sont les anciens cadres des différentes sélections haïtiennes (masculine et féminine) de football qui avaient, à tort ou à raison, abandonné prématurément le football pour s’installer dans un pays étranger. Ce phénomène, qui ne date pas d’hier, est défini comme la déperdition dans le football. Les joueuses de l’équipe féminine qui viennent de représenter Haïti valablement à la Coupe du monde féminine U-20 de la FIFA, France 2018, bien qu’elles aient du talent pour réussir n’importe où, ne sont pas exemptes de ce phénomène qui gangrène la famille sportive haïtienne.

Pionnier dans l’implantation du football féminin en Haïti, le président de la Fédération haïtienne de football, journaliste chevronné, croit savoir que pour freiner le phénomène de déperdition dans le football, « il nous faut un autre pays, c’est-à-dire il nous faut de l’argent si nous voulons combattre la déperdition dans le football. Il faut aussi permettre à l’athlète de faire carrière dans la discipline sportive choisie. Savez-vous que beaucoup de nos athlètes (filles et garçons) sont, malheureusement en termes financiers, les principaux responsables de leurs familles ? », s’est questionné Yves Jean-Bart en se référant aux jeunes Grenadières qui étaient en Bretagne (France) en vue de disputer le Mondial féminin U-20.

« À 19 ou 20 ans, ces filles ont des besoins comme tout le monde. Elles aspirent à se marier et/ou à avoir leurs propres foyers. Nombreuses sont celles qui issues de familles ayant de grands besoins sur le plan financier. On ne peut pas, et ce en aucun cas, les retenir ou les faire prisonnières éternellement au centre de formation de Croix-des-Bouquets. La fédération a encadré ces filles pendant un temps. Dieu merci, elles ont voyagé partout sans avoir en tête l’idée de ne pas revenir. Toujours est-il qu’elles méritent plus que cela rien qu’en tenant compte des nombreux sacrifices qu’elles ont consentis pour vendre une belle image du pays à l’extérieur ».

Le projet de la FHF

« Au sein du bureau fédéral, on est en train de mettre en place un projet, « Pôle élite ». C’est pourquoi on est à la recherche de parrains capables d’investir pour pousser financièrement les 30 meilleurs jeunes de notre centre de formation. Dépendant de son talent, un athlète peut avoir un, deux et jusqu’à trois parrains », a dévoilé le docteur du football.

Pour matérialiser ce projet, visant à améliorer le niveau de vie de nos athlètes qui sont toujours prêts à se sacrifier pour le pays, Yves Jean-Bart estime que l’État haïtien aura pour devoir de les payer et/ou de leur donner des moyens. En voyant jouer nos U-15 à Bradenton, il est plus que visible que notre niveau technique, en comparaison avec les autres pays, est moyen, d’où la nécessité de procéder à la formation de nos cadres.

À la recherche d’un mieux-être, Dadou a fait savoir que beaucoup de nos cadres quittent aussi le pays pour s’établir à l’étranger. «Il faut donc améliorer le mode de fonctionnement de nos cadres qui vivent dans des conditions infrahumaines. Qui empêchent les membres du secteur privé et/ou public d’employer ces gens qui participent activement à la formation de nos jeunes talents (garçons et filles)? Je sais que le pays fait face à des difficultés financières, mais en tenant compte de fortes sommes qui circulaient à travers certaines institutions, on pourrait voler au secours des cadres travaillant dans le secteur sportif», poursuit Dadou.

Les surprises annoncées

Avant le dernier match d’Haïti contre l’Allemagne, défaite (2-3), le 13 août au stade de la Rabine à Vannes, en France, sur la page facebook de la FHF, on avait annoncé une surprise. S’exprimant à ce sujet, Yves Jean-Bart a déclaré : « Ce sont des amis qui souhaitaient attribuer des cadeaux à nos filles. Il s’agit pour eux d’encourager les autres bailleurs à participer et à dire merci à nos filles. Je souhaite que plus de gens nous soutiennent. Permettez-moi d’insister sur l’aspect de scolarisation, car c’est un impératif pour nos filles. Savez-vous que nous avions envoyé un dossier à la caisse d’assistance sociale pour soutenir nos athlètes ? Mais jusqu’à cette date, aucune réponse n’est parvenue au bureau fédéral. Savez-vous aussi que chaque fille, membre de l’équipe du Canada, éliminée par Haïti dans la course à la qualification pour la Coupe du monde féminine U-20 de la FIFA, France 2018, a mensuellement, à côté des autres avantages, la bagatelle de 2 000 dollars US ? Savez-vous aussi que la dernière fois que le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle a fait dililigence pour payer nos professeurs remonte à 2012 ? Si nos athlètes sont bien formés, même en cas d’échec dans leur carrière, ils peuvent toujours gagner leur vie parce qu’ils avaient une base académique ».

En guise de conclusion, Yves Jean-Bart, qui avait abordé d’autres sujets dans l’actualité des jeunes Grenadières, a mis l’accent sur la vie de nos athlètes après leur carrière : Comment les encourager à rester dans le football et comment améliorer la situation de la nouvelle génération d’athlètes qui s’apprêtent à remplacer ceux et celles qui ont tout donné au pays ? La question est donc posée

Source: le nouvelliste

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