Haïti – Agriculture : Caravanes vétérinaires de la FAO

L’élevage se trouve parmi les filières agricoles qui ont été les plus affectées par le passage de l’ouragan Matthew. Dans les départements de la Grand’Anse et du Sud, près de 50 % du bétail a été décimé, ce qui affecte significativement les moyens d’existence des familles vivant essentiellement de la production animale. Certains animaux ayant survécu à l’ouragan, notamment les bovins et les porcins, ont été affectés par des parasites externes et internes et ont souffert de carences en vitamines et minéraux en raison de malnutrition, lors des 3 mois de sécheresse post Matthew.

Cette situation a amené l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Ministère de l’Agriculture, avec l’appui financier de la Coopération Belge au Développement, à mettre en œuvre un projet d’assistance aux familles affectées, avec une emphase particulière sur le secteur de l’élevage et de la pêche. Dans le cadre de ce projet, la FAO et le Ministère réalisent une première caravane de 140 jours de Cliniques Mobiles de Santé Animale (CMSA) au bétail de 2,500 familles et donnent une assistance en matériels de pêche à 3,000 pêcheurs dans les départements de la Grand’Anse et du Sud.

Cette première caravane s’est arrêtée dans la commune de Torbeck, dans les localités de Govin et de Saint Martin. Durant trois jours, deux médecins vétérinaires de la FAO et 22 agents vétérinaires communautaires ont examiné 380 animaux (315 bovins, 33 ovins, 12 porcins, 26 caprins et 1 cheval) appartenant à 330 ménages vivant de l’élevage et procédé au déparasitage interne et externe des animaux, à l’administration de multi-vitamines et de minéraux, et d’antibiotiques aux animaux infectés.

Cette assistance vétérinaire a suscité beaucoup d’intérêt chez les éleveurs de la commune de Torbeck qui sont les premiers à en bénéficier. Jovil Gilles fait partie des groupements d’éleveurs dont le bétail a reçu les soins nécessaires. « […] C’est la première fois que je reçois cette assistance qui vient améliorer la santé de mes animaux et mes techniques d’élevage. Les soins vétérinaires sont très coûteux. Parfois, Il m’arrive de dépenser jusqu’à 2,500 gourdes pour soigner une vache. Pis est qu’on ne dispose pas de médecins vétérinaires dans la communauté. C’est pour cela, je suis content de l’appui de la FAO qui m’aide à relancer mes activités d’élevage et prendre soin de mon bétail ».

Parallèlement aux Cliniques Mobiles de Santé Animale, la FAO, avec le support financier du Fonds pour la Reconstruction d’Haïti (FRH), met en place des pharmacies vétérinaires communautaires dans chacune des 11 laiteries qu’elle accompagne dans différents départements du pays. Cette initiative vise à améliorer la situation du secteur de l’élevage, en facilitant l’accès aux éleveurs aux médicaments et aux soins vétérinaires pour leur bétail. Ces pharmacies seront gérées (comme des petites entreprises) par les éleveurs à travers les « Gwoupman Sante Bèt » (GSB) et les agents vétérinaires. Elles ont pour objectif d’améliorer la santé des animaux et en même temps de générer des revenus supplémentaires aux associations d’éleveurs et de producteurs de lait.

Source/ HaïtiLibre

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