Irlande-Abus sexuels: Le pape demande « pardon » à Dieu

Le pape François a demandé dimanche « pardon » à Dieu pour les agressions sexuelles commises en Irlande par des prêtres catholiques, au deuxième jour de sa visite dans le pays, mais s’est vu lui-même accuser d’avoir couvert un prélat accusé de « comportement gravement immoral ».

Depuis 2002, plus de 14.500 personnes se sont déclarées victimes d’abus sexuels commis par des prêtres en Irlande. La hiérarchie de l’Église irlandaise est accusée d’avoir couvert des centaines de prêtres.

L’ampleur de ces scandales explique en partie la perte d’influence de l’Eglise sur la société irlandaise, historiquement très catholique, ces dernières années.

« Cette plaie ouverte nous défie d’être fermes et décidés dans la recherche de la vérité et de la justice », a-t-il ajouté, 39 ans après Jean-Paul II, qui était venu s’agenouiller dans ce lieu supposé d’apparitions.

– Messe géante –

Samedi à Dublin, il avait évoqué sa « honte » et sa « souffrance » face à « l’échec des autorités ecclésiastiques » pour affronter de manière adéquate les « crimes ignobles » du clergé en Irlande.

« La corruption a atteint le sommet de la hiérarchie de l’Eglise », affirme dans une lettre Mgr Vigano, en allant jusqu’à demander la démission du pape.

Dans ce document, l’ancien nonce apostolique aujourd’hui à la retraite met aussi en cause nommément un grand nombre de hauts prélats de la Curie romaine, dont le numéro deux Pietro Parolin.

« Le Vatican n’a aucun commentaire immédiat », a réagi une porte-parole du Vatican.

Voici près de 40 ans, lorsque le divorce, l’avortement et le mariage homosexuel étaient impensables dans le pays, Jean-Paul II avait toutefois parlé devant 1,5 million de personnes.

– Rencontre avec des victimes –

« Le pape nous a demandé pardon pour ce qui s’est passé dans ces maisons » pour filles mères, ont-ils raconté dans un communiqué.

Et il s’est montré déçu que le Premier ministre irlandais Leo Varadkar n’ait pas demandé au pape de rendre public les fiches de signalements de prédateurs potentiels envoyés au Vatican.

 

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