Pèlerin 5 : les propriétaires des maisons démolies réclament justice et réparation

L’Association des propriétaires de Pèlerin 5, voisins du président Jovenel Moïse, ont tenu un sit-in ce mardi à l’entrée de ce quartier. Les protestataires demandent à l’État haïtien de leur reconstruire les maisons détruites en juillet dernier sur ordre du commissaire du gouvernement, Ocnam Clamé Daméus et du directeur général de la DGI, Miradin Morlan. Ils ont également exigé un dédommagement pour corriger ce qu’ils considèrent comme une injustice des autorités. «Cela fait deux mois que nous vivons à la belle étoile. Le président Jovenel Moïse ignore dans quelles conditions nous vivons alors que tout se passe bien pour lui et sa famille. Nous ne pouvons plus supporter cela. C’est la raison pour laquelle nous réalisons ce sit-in aujourd’hui», a déclaré Fito Mertilus, un propriétaire victime.

Fito Mertilus dénonce plus loin l’attitude des autorités qui restent insensibles au sort des propriétaires victimes. Ce dernier menace de passer à une autre phase si la situation n’évolue pas. «Aujourd’hui nous avons tenu une manifestation pacifique. Si rien ne bouge, nous passerons au plan B. Il y aura des barricades de pneus enflammés, des routes obstruées, entre autres. Ce ne sera pas facile pour le président. Nous allons maintenir la mobilisation jusqu’à obtenir gain de cause», a-t-il menacé.

Délinois Fleurisier, un autre propriétaire, n’a pas caché son amertume par rapport à la décision des autorités de démolir sa maison située à quelques mètres de la résidence de Jovenel Moïse. «Ce soir-là, le bulldozer a détruit la maison alors que mes enfants y dormaient. Ils ont eu la vie sauve grâce à la vigilance des voisins», se rappelle-t-il, très remonté. Délinois Fleurisier exige qu’on lui reconstruise sa maison. Sinon, il menace aussi de recourir à d’autres stratégies.

Plusieurs organisations de base ont manifesté leur solidarité aux propriétaires de Pèlerin 5, notamment le Bureau des avocats internationaux (BAI). Interrogé par le journal, le responsable de cette organisation de droits humains, Me Mario Joseph, a expliqué ce sit-in est en droite ligne avec leur méthode de travail partagé entre le tribunal et la plaidoirie. « Au niveau du tribunal, nous avons demandé au CSPJ d’empêcher Ocnam Clamé Daméus de siéger. Il est certes choisi par le gouvernement, mais on ne peut pas permettre à un prédateur de la loi d’y siéger. Le CSPJ a reçu notre requête et a promis de faire le suivi. Nous allons également écrire à l’Inspection générale de la PNH pour sanctionner les policiers impliqués dans cet acte.

D’ici la première semaine de septembre, nous allons porter plainte par-devant le tribunal de première instance de Port-au-Prince. Nous allons également écrire la Commission interaméricaine des droits de l’homme », a-t-il fait savoir.

Mario Joseph accuse le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Ronsard Saint-Cyr, le commissaire du gouvernement Ocnam Clamé Daméus, le directeur départemental de la PNH de l’Ouest, Berson Soljour, le commissaire de Pétion-Ville, Jean Gospel Monélus, d’avoir démoli les maisons des habitants de Pèlerin 5. «Nous sommes là pour dire que cela ne doit plus recommencer. Nous allons lutter pour la justice d’abord et la réparation ensuite. Il faut établir un antécédent afin que cela ne se reproduise ailleurs. Les autorités haïtiennes ne doivent pas penser qu’ils ont le droit de démolir les maisons des citoyens comme bon leur semble», fait-il remarquer.

Source: lenouvelliste

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