PetrocaribeChallenge: Quand les réseaux sociaux demandent des comptes

Depuis tantôt deux jours, les réseaux sociaux s’activent aux couleurs d’un challenge (défi en anglais), pour demander des comptes au sujet du gaspillage du fonds Petrocaribe. Le mouvement prend de plus en plus d’ampleur et fait des adhérents de tout acabit.

Twitter, Instagram et Facebook sont le prolongement de l’espace public haïtien. Même s’ils ne sont pas le macadam, ou les tribunes politiques traditionnelles, certaines questions d’intérêt publique y sont traitées, tant ils constituent une certaine forme de pression. Force est de constater que les acteurs politiques y sont de plus en plus présents. Les tweets, les posts trouvent de l’écho dans la pratique politicienne haitienne.

Le #PetrocaribeChallenge est le dernier né des réseaux sociaux. Lancé par le cinéaste, Gilbert Mirambeau Jr, de Musca Group, il a été vulgarisé par le rappeur K-libr dont l’engagement et les prises de position sont très connus.

“Kote kòb Petrocaribe-a? est l’épineuse et symbolique question posée, sur une pancarte, un morceau de papier ou sur un écran d’ordinateur par les adhérents au mouvement.

Le PetrocaribeChallenge fait suite au Push-up challenge, contre la drogue, qui avait été repris par une grande majorité des artistes haitiens. Toutefois, le PetrocaribeChallenge n’a pas le même succès auprès des artistes. En effet, si le #Pushupchallenge était devenu viral dans le secteur artistique et culturel, notamment les musiciens du monde compas, seulement une infime partie des acteurs influents sur les réseaux sociaux ont accepté le défi. Lequel défi suppose une certaine prise de position. Or, l’on reproche souvent aux artistes haïtiens tantôt leur laxisme, tantôt la recherche des intérêts immédiats.

Un sujet qui divise

Entre 2009 et 2016, environ 4 milliards de dollars ont été dépensés en Haïti dans des projets qui non seulement ont été surévalués, mais aussi n’ont pas servi à améliorer les conditions de vie dans une perspective durable. Cet argent, ou pour l’appeler par son nom, le fonds Petrocaribe, provenant de la coopération Haitiano-Vénézuélienne était un filon pour le pays le plus pauvre de l’hémisphère Sud, pour prendre la voie du changement, pour éviter d’utiliser le concept de “développement”.

Paradoxalement, le petrocaribe ne fait pas l’unanimité parmi les internautes. Pendant qu’un groupe s’attarde sur l’adéquation ou non du mot “défi” utilisé pour désigner le mouvement, un autre se lance dans sa banalisation, par des sophismes de double faute, et des questions grincheuses.

Par ailleurs, ce challenge rend compte d’un certain réveil, sinon, le début d’un mouvement citoyen contre la corruption dans le pays.

Des initiatives parallèles sont prises, notamment une rencontre entre un groupe d’“influencer” sur les réseaux sociaux, pour un brainstorming et d’autres initiatives à l’avenir.

source: loopHaiti

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